Quel parcours d'intégration?

C'est très fière, que Wissam vient chercher sa fille de 4 ans à l'école aujourd'hui. Cette jeune maman de 33 ans a fui la Syrie il y a quelques mois et c'est à Bruxelles qu'elle a posé ses valises. "Je suis arrivée en Belgique il y a six mois et ma fille est à l’école depuis quatre mois. Seule, c'est très difficile. Je ne sais pas savoir si c'est une bonne école ou pas".

Et si elle a pu trouver aussi rapidement une école pour sa fille, mais aussi un logement c'est grâce à l'association Via. Une Asbl responsable du parcours d'intégration et créée il y a tout juste un an.

D'ailleurs, aujourd'hui, c'est une grande première pour Basel qui franchit les portes de ce bureau d’accueil. Ce jeune homme de 20 ans a fui la ville d’Alep en Syrie il y a quelques mois. Il vient ici à la recherche d'un accompagnement. Mamadou, un accompagnateur social et lui-même ancien réfugié, lui explique les conditions nécessaires pour suivre le parcours d'intégration et son but.

Basel veut apprendre le français. Mais son rêve, c’est de devenir footballeur. Il jouait dans un club en Syrie mais, au début de la guerre, il a dû arrêter. "Si ça ne marche pas dans le foot, j’essayerai autre chose comme coiffeur par exemple".

Lors de ce premier rendez-vous, Mamadou dresse le bilan social de Basel. Il tente de voir quels sont ses acquis et ses besoins par rapport à son intégration dans la société. Basel est maintenant inscrit et il va pouvoir suivre le parcours d’intégration. D’ici quelques semaines, il aura accès aux dix heures de formation sur les droits et devoirs dans la société belge.

Aujourd'hui, ce cours se donne en français et chaque primo-arrivant participe. "Moi je viens du Liban, déclare Maged. On n’a pas vraiment de femmes dans le domaine politique. Ça, c’est une différence par rapport à chez nous". Tous les participants apprennent, ici, quelles sont les normes sociales et juridiques en Belgique. "Ça, c’est une norme juridique parce que c’est une obligation de sortir les poubelles et de le faire dans le sac indiqué", constate Balde, une guinéenne de 31 ans. Et ces cours permettent également de créer du lien entre les participants. C’est ce que perçoit l’accompagnatrice sociale Michèle Keukeleire, "si au départ les gens sont réservés, très vite il y a des interactions qui se passent. Et l’amitié se crée".

Mon rêve, c’est d’aller à l’université. Une fois que j’aurai appris le français

Ensuite, le parcours d'intégration propose un cours de cinquante heures de citoyenneté. C'est ici que l'on retrouve Wissam. Et à l'ordre du jour, l'histoire de la Belgique. "Quand la Belgique a-t-elle été créée?" demande aux participants la formatrice. Ni une ni deux, Philippe, venu de République Dominicaine, répond: "1830". Les participants tentent alors de placer des photos sur une ligne du temps. Wissam nous confie qu’elle travaillait dans une agence de publicité en Syrie mais elle souhaiterait reprendre des études. "Mon rêve, c’est d’aller à l’université. Une fois que j’aurai appris le français".

Pour l'instant, le parcours d'intégration se fait sur base volontaire mais d'ici quelques mois, il sera obligatoire. Il va donc falloir s'adapter selon le président de VIA, Vincent Vanhalewyn (ECOLO). "On ne va pas donner un cours de la même manière à dix personnes qui sont obligées d'être là, qu’à dix personnes qui viennent de manière volontaire".

Jusqu'à présent, VIA s'est occupée de près de 1500 primo-arrivants en un an. Reste à voir comment ce nombre va évoluer avec l’obligation de suivre ce parcours d’intégration. Un parcours qui, rappelons-le, n'a pas vocation à les insérer dans le milieu professionnel.

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