Quel avenir pour nos forêts ?

Quel avenir pour nos forêts ?
Quel avenir pour nos forêts ? - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

En ces temps d’inquiétude autour de la question climatique, en ces périodes d’incendie gigantesques dans la forêt amazonienne ou encore en Indonésie, on parle peu de nos forêts européennes. Et leur état de santé est flou : on nous dit d’une part que les écosystèmes des forêts, nos puits de carbone, sont en danger. D’autre part, on a parfois le sentiment que certaines de nos forêts croissent. Que penser ?

Philippe de Wouters, le directeur de la Société royale forestière de Belgique, était l’invité d’Eddy Caekelberghs dans Au bout du jour. Et pour lui, le constat est clair : "Nos forêts se meurent à petit feu. Pas au point de l’Amazonie qui brûle de manière spectaculaire, mais elles se meurent petit à petit". Car le climat a effectivement une incidence sur les arbres qui peuplent nos forêts. Le hêtre, arbre phare de la Forêt de Soignes à Bruxelles, est par exemple très sensible à la sécheresse, explique Philippe de Wouters. Même constat pour l’épicéa, la deuxième grande essence (le type d’arbre, ndlr) des forêts belges. Et qui dit sensible, dit forcément plus fragile. "Ce qui veut dire qu’il est attaqué par des maladies ou des insectes, principalement les scolytes", ajoute Philippe de Wouters.

Replanter diverses essences

Alors oui, nos forêts sont donc en danger, et il faut en prendre soin. Cela passe par le reboisement. Ce qui se fait déjà aujourd’hui. Mais les effets ne se feront pas ressentir tout de suite.

Quand on plante beaucoup d’hectares aujourd’hui, il faut savoir qu’ils ne seront réellement forêt et donc capteurs de carbone que dans 20 à 30 ans, voire 50 ans.

Et il faut réaliser une chose : la forêt de 2100 ne sera probablement plus celle que nous connaissons aujourd’hui. Les changements climatiques vont provoquer des changements dans nos forêts. Et déjà aujourd’hui, la stratégie de reboisement tient compte de ces changements climatiques. "Le maître mot, comme à la bourse, c’est de diversifier les placements. Dans ce cas-ci, les plantations donc", précise Philippe de Wouters. On plante aujourd’hui d’autres types d’arbres dans nos forêts, notamment des arbres qui viennent de régions plus au sud.

Par ailleurs, cette stratégie de diversification a un autre intérêt : la production de bois. Il faut pouvoir maintenir la forêt et la préparer pour que, demain, elle fournisse encore ce matériau que l’on retrouve dans quasiment toutes nos maisons. Et pour cela, il faut d’abord et avant tout respecter la forêt, affirme Philippe de Wouters. "Si on ne respecte pas l’écosystème et son fonctionnement avec sa biodiversité, la production ne fonctionne pas." De plus, la meilleure piste pour améliorer la productivité de la forêt, c’est la permaculture. "Il faut éviter ces grands blocs d’une seule essence et d’un seul âge. Il faut mélanger les âges, mélanger les types d’arbres, et la productivité augmentera".

Archive : Journal télévisé du 09/04/19

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