Que vaut la voiture électrique élue "familiale de l'année" par le VAB ?

La Hyundai Ioniq 100% électrique une voiture familiale parfaite pour la ville mais pas les longs trajets.
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La Hyundai Ioniq 100% électrique une voiture familiale parfaite pour la ville mais pas les longs trajets. - © C. Biourge - RTBF

Pour la deuxième année consécutive, la Hyundai Ioniq EV (100% électrique) est la voiture électrique familiale de l’année 2018. Un titre remis par le VAB, l’équivalent flamand de Touring, et derrière lequel on retrouve un jury composé de journalistes et d'automobilistes.

Mais pourquoi cet engouement ?

Pour le savoir, nous avons testé pendant une semaine cette voiture disponible sur le marché belge depuis juillet 2017.  

Concrètement, la Ioniq EV est la première voiture 100% électrique du constructeur sud-coréen dont l'objectif est de rivaliser avec la Nissan Leaf, la berline électrique la plus vendue en Belgique.

Et clairement, il y a du potentiel puisque cette Ioniq est une cinq portes avec cinq véritables places et un coffre ni trop petit, ni trop grand (354 litres), qui vous permettra d'y mettre facilement trois bacs de courses et bien d'autres choses. 

Trois modes de conduite

Comme tous les véhicules électriques, cette voiture dispose de modes de conduite, il y en a trois : ECO, normal et sport.

Selon que l'on passe d'un mode à l'autre (via un petit bouton près du frein à main), l'affichage du compte-tours change de couleur.  

Outre la couleur, le mode détermine le style de conduite. Ainsi, en mode ECO, on monte beaucoup plus doucement en vitesse. Les accélérations sont plus molles et surtout très souples. Un mode idéal pour la ville et qui permettra une meilleure régénération de la batterie. Il n'est, par contre, pas à conseiller pour l'autoroute où vous aurez de la peine à atteindre les 120 km/h et consommerez davantage la batterie. Ce mode vous sauvera aussi la mise en cas de verglas (nous avons eu l'occasion de le tester en conditions réelles, la route était un vrai billard) car il vous permettra de rentrer tout en douceur chez vous sans devoir (ou presque) donner de coup de frein. 

En mode normal, les accélérations sont tout à fait correctes, voire même très bonnes. Vous n'avez pas du tout l'impression d'être dans une voiture électrique et consommez de manière normale la batterie. Sur autoroute vous atteignez facilement les 120 km/h et jusqu'à 165 km/h. 

En mode sport, les amateurs de conduite sportive pourront réellement s'amuser. La Ioniq a vraiment du couple (295 Nm pour un moteur d'une puissance de 88 kW, 120 ch) et vous fera passer de 0 à 100 km/h en moins de 10 secondes. Pas facile avec ce mode. Mais vous déchargerez aussi au moins 1,5 fois plus vite votre batterie, voire davantage en fonction de votre conduite. 

Une prise en main aisée

Toutes les voitures électriques sont des automatiques. Que l'on soit habitué ou non à ce genre de boîte, la prise en main de cette Ioniq est très facile et on y est très confortable. Quant à la conduite, elle est vraiment très souple, ce qui est un véritable plaisir. Tout comme le bruit, il n'y en a pas. Juste un léger souffle, comme une turbine, mais pas du tout désagréable. 

Par contre, il faut un peu plus de temps pour se familiariser avec tous les boutons éparpillés un peu partout: sur le tableau de bord, le volant, les portes et au niveau de la boîte automatique.

Outre les fonctions de base comme les essuies-glace, les phares et le démarreur, il y a aussi beaucoup de gadgets dont la plupart sont bien utiles (comme on le verra ci-dessous). Si certaines (sièges chauffants à l'avant et à l'arrière, volant chauffant ou encore l'avertisseur d'angle mort) sont en option (pour 2.000 euros supplémentaires), beaucoup sont déjà fournies au prix de base (35.699 euros). Mais dans tous les cas, on se retrouve avec une voiture disposant de tous les derniers équipements en matière de sécurité et de connectivité. On regrette juste le manque d'essuie-glaces sur le pare-brise arrière, sans doute dû à son design.  

Parmi toutes ces fonctionnalités de navigation, épinglons la fonction EV, une fonction spécifique à la conduite électrique. Elle permet notamment d'indiquer l'état de la batterie, l'autonomie restante, la consommation moyenne ou encore les bornes de recharge disponibles aux alentours.

Une régénération réglable de la batterie

Cette Hyundai Ioniq EV est équipée d'une batterie lithium ion polymère de 28 kWh dont la capacité de recharge est l'une des meilleures du marché.

Et comme toutes les électriques modernes, la régénération d'énergie au freinage est réglable. Il y a quatre positions : aucune, faible, moyenne et forte régénération. Un réglage qui se gère via deux commandes placées derrière le volant. 

Ce qui veut dire concrètement que l'on peut régénérer sa batterie en freinant ou en retirant le pied de l'accélérateur comme vous pouvez le voir dans cette vidéo :

Mais si cela fonctionne très bien en ville, il ne faut pas non plus se faire d'illusions, on ne gagnera que quelques petits kilomètres. 

Une autonomie limitée

Théoriquement, cette Ioniq est annoncée avec une autonomie de 280 km. Le porte-parole de Hyundai Belgique, lui, parle d'une "autonomie réelle entre 170 et 240 km". De notre côté, nous n'avons pas dépassé les 160 km.

Précisons toutefois que les conditions étaient hivernales (températures proches de zéro, avec parfois de la neige et du verglas), le test ayant été effectué entre le 12 et 20 décembre 2017. Et qui dit conditions hivernales, dit utilisation du chauffage que nous avons pourtant limité à 20 degrés, mais les sièges (parfois trois au total) et le volant ont été chauffés. Sans parler de la soufflerie qui consomme excessivement de batterie (52,6 kWh), mais qui dégivre assez rapidement et efficacement votre pare-brise.  

Pour arriver à cette conclusion, nous avons effectué un trajet aller-retour d'un total de 164 km dont la majorité (90%) était de l'autoroute.

Avant de partir, nous avions chargé la batterie au maximum. Mais, si à la fin de charge le tableau de bord indiquait 194 km d'autonomie, au démarrage de la voiture, l'autonomie est directement tombée à 184 km. 

Arrivés à notre destination, après 82 km parcourus en mode normal (sans soufflerie) et en respectant les limitations de vitesse, le compteur n'affichait plus que 90 km d'autonomie, soit 94 km de batterie utilisés pour une distance réelle de 82 km. Impossible de rentrer ainsi. Nous avons donc mis la voiture en charge pendant 3h30 sur une prise domestique (il fallait 7h30 pour une recharge complète). 

Au bout du compte, nous avons récupéré environ 15% de charge et le compteur affichait une nouvelle autonomie de 114 km. Nous pensions donc avoir suffisamment de batterie pour le retour. 

Le problème est que nous avons voulu tester le mode ECO et, très vite, nous avons constaté que sur l'autoroute la batterie se déchargeait plus rapidement. Nous sommes alors repassés en mode normal tout en continuant à regarder avec inquiétude ce compteur qui continuait à diminuer dangereusement. 

A une vingtaine de kilomètres de Bruxelles, la situation était telle que nous avons mis le chauffage au minimum (15 degrés) et coupé les sièges chauffants ainsi que la radio.

Au final, nous sommes bien arrivés à destination avec une autonomie restante de 8 km, soit 106 km d'autonomie utilisés pour une distance réelle de 82 km.

Qui plus est, il nous a fallu 12h pour recharger la batterie à fond sur prise domestique.

Précisons que le véhicule est fourni avec deux chargeurs (d'une longueur d'environ 3 mètres chacun) : l'un pour un courant 230V 32A, avec lequel on peut recharger via une prise normale (domestique) ; et l'autre avec un port CCS pour la charge aux bornes. Ce dernier accepte la recharge rapide jusqu'à un courant de 100 kW (seul Tesla fait mieux), ce qui permettrait une recharge de 80% en 23 minutes. Mais encore faut-il trouver une de ces bornes... 

Sinon, voilà ce qui apparaît sur le tableau de bord quand on met en charge et qui permet de vérifier de niveau de chargement : 

A chacun de s'y retrouver et de faire ses comptes

Mis à part un prix de base encore assez élevé (35.699 euros), "faire le plein" de cette Hyundai Ioniq ne coûte pas très cher d'autant que l'on consomme en moyenne (excepté pour le mode sport) moins de 20 kWh au 100 km (17,8 kWh), soit une consommation d'un peu moins de 2 euros au 100 km via une prise ordinaire.

Reste à chacun de faire ses comptes en comparant le prix de base de cette voiture électrique avec sa voiture actuelle et sa consommation annuelle de carburant ainsi que les prix des entretiens. Tout en ne perdant pas de vue qu'il faudra un jour ou l'autre changer la batterie, même si chez Hyundai la batterie est garantie 8 ans ou 200.000 km et qu'on nous affirme qu'il est rare de devoir changer la batterie (batterie dont le prix n'a pu nous être communiqué).

Mais quoi qu'il en soit, si cette Ioniq est actuellement parfaite pour la ville et les trajets entre la ville et la périphérie, elle est à éviter pour les longs trajets. 

Précisons qu'il existe deux autres versions de la Ioniq : l'hybride (à partir de 24.999 euros), qui permet de diminuer la consommation de carburant (essence) ; et l'hybride rechargeable (Plug-in, à partir de 33.999 euros) qui permet de rouler une cinquantaine de kilomètres avec le moteur électrique (à condition de ne pas dépasser une certaine vitesse) avant de passer sur l'essence. C'est le seul constructeur, actuellement le marché, à proposer ces trois déclinaisons pour un seul modèle. 

Une panoplie d'assistants à la conduite

Pour les plus connectés, le CarPlay et l'Android Auto leur permettront de connecter leurs smartphones au tableau de bord (on peut, par exemple, décrocher et raccrocher son téléphone via deux petits boutons placés sur le volant et/ou commander des fonctions musicales, téléphoniques ou de navigation sur l’écran). On trouve également à droite du conducteur un logement de recharge par induction pour un smartphone, mais encore faut-il qu'il soit compatible avec votre appareil.

Plus gadget, mais très sympa : le fauteuil du conducteur recule lorsque l'on ouvre la porte afin que l'on puisse entrer et sortir plus facilement ; et une fois la porte fermée, le siège avant se remet à sa place initiale. 

Au niveau sécurité vous avez la caméra de recul qui est très fonctionnelle avec ses lignes de couleurs qui vous permettent d'anticiper et visualiser au mieux votre manœuvre. 

Vous avez aussi l'Autonomous Emergency Braking (AEB), un système de freinage d'urgence automatique. Concrètement, un avertissement sonore retentit dans l'habitacle s'il détecte un risque de collision imminent avec un piéton ou un autre véhicule. Un pictogramme s'affiche également sur le tableau de bord. En cas de non-réaction de la part du conducteur, le système intelligent actionne alors partiellement ou totalement les freins.

Autre avertisseur, le Lane Keeping Assist System (LKAS), un système d'avertissement sonore qui se met en route quand vous franchissez une ligne blanche (pointillée ou continue). Une aide bien utile en cas de somnolence. Ce système permet aussi de maintenir votre véhicule dans son couloir. Ce qui peut être est assez perturbant car le volant bouge légèrement seul et avec force. 

Vous avez aussi le Cruise control adaptatif, un régulateur intelligent. Concrètement, la Ioniq va calquer sa vitesse sur celle du véhicule de devant tout en maintenant une distance de sécurité. Cela peut être très reposant, tout comme cela peut créer la surprise quand, par exemple, un "centriste" se cale sur la bande du milieu à 90 km/h. Dans ce cas, le véhicule freine soudainement très fort. 

Des fonctions intéressantes, mais en option 

Reste que les deux assistants à la conduite les plus intéressants sont en option : le Blind Spot Detection (BSD) et le Rear Cross Traffic Alert (RCTA). 

Si le premier permet d'avertir le conducteur de la présence d'un véhicule dans son angle mort, le second permet de détecter toute présence (véhicule ou piéton) située un peu trop près de la voiture.

Concrètement, un pictogramme de couleur orange apparaît dans votre rétroviseur pour vous avertir de l'obstacle. Si l'image apparaît dans le rétroviseur gauche, c'est que l'obstacle se trouve à gauche, et inversement. Et si, à ce moment-là, vous mettez votre clignotant pour effectuer un dépassement, par exemple, un signal sonore se met en route. Mais vous comprendrez mieux en regardant cette vidéo : 

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