Que trouve-t-on dans un test de grossesse électronique ? Et que fait-il de plus que la version classique ?

Que trouve-t-on dans un test de grossesse électronique ? Et que fait-il de plus que la version classique ?
Que trouve-t-on dans un test de grossesse électronique ? Et que fait-il de plus que la version classique ? - © VioletaStoimenova - Getty Images

Une multitude de marques, des dizaines de modèles sur le marché rivalisant d'arguments marketing... Les tests de grossesse représentent un marché considérable. Le secteur a même connu un boom lors du confinement, écrivait le journal Le Soir sur son site internet le 25 mai. Mais comment fonctionnent-ils ?

Un passionné d’informatique s’est intéressé de plus près à la version électronique de ces tests. Inspiré par un tweet posté le 10 août dernier, il raconte ses découvertes dans une longue série de messages postés sur le réseau social le 4 septembre.

Verdict : sur son principe de base - détecter une grossesse à l’aide d’un échantillon d’urine - le test électronique ne diffère pas du test classique.

Ce qui change, c’est que la version électronique est équipée de diodes électroluminescentes. Le but de celles-ci est uniquement de détecter les lignes qui s’affichent sur la languette. Les mêmes lignes et la même languette que dans la version "normale", sans technologie à l’intérieur.

Une petite puce se charge ensuite d’interpréter et d’afficher le résultat sur l’écran. C’est tout.

Le youtubeur Deus Ex Silicium, qui démonte régulièrement des objets de la vie courante pour expliquer leur fonctionnement en vidéo, s’est lui aussi penché sur la question. Dans une vidéo postée le 13 septembre dernier, il décortique un appareil produit par une célèbre marque de tests de grossesse.

"Il ne m’étonnerait pas que certaines grincent un peu des dents en découvrant qu’elle a dépensé 13 euros alors qu’il en aurait suffi de trois", observe-t-il.

Le vidéaste pointe au passage le coût environnemental d’un tel test à usage unique : "Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui se doutent qu’il y a dans cet objet du cuivre dans le circuit imprimé, du silicium dans la puce et dans les diodes, du lithium et du dioxyde de manganèse dans les piles alcalines et aussi des cristaux liquides dans l’écran. Et bien entendu du plastique. Ce n’est pas comme si on cherchait à se débarrasser d’un stylo-bille."

(L’article continue sous la vidéo)

Pourquoi dès lors choisir un test électronique si la version classique donne le même résultat avec la même rapidité ?

Quand certains dénoncent le coût environnemental, d’autres mettent en avant le côté pratique pour les utilisateurs.

"La sensibilité 'à l’œil nu' varie d’une personne à l’autre. Je peux voir une ligne ténue là où une autre personne ne verra rien du tout. C’est biaisé (je veux voir ce que j’ai envie de voir)", analyse par exemple Vittorio Saggiomo, spécialiste des bionanotechnologies.

Autre argument : la facilité d'interprétation du résultat pour tout le monde. La youtubeuse chinoise Naomi Wu fait ainsi remarquer, étude à l'appui, que les tests de grossesse sont justes à 99% en laboratoire et à 75% dans un autre contexte. Et ce "à cause de lectures erronées qui dépendent de l'éducation et du statut socio-économique. Non, ce n'est pas stupide ou du gaspillage d'utiliser une interface informatique pour aider les femmes".

Reste cette question, bien connue des amateurs d’informatique : "Can it run Doom ?" Comprenez : cet objet est-il assez puissant et sophistiqué pour faire fonctionner sur son écran le jeu vidéo de tir à la première personne Doom, sorti en 1993. La réponse, c’est oui…

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK