Que retenir de l'interrogatoire de Nacer Bendrer?

Que retenir de l'interrogatoire de Nacer Bendrer?
Que retenir de l'interrogatoire de Nacer Bendrer? - © IGOR PREYS - BELGA

Pendant son interrogatoire, Nacer Bendrer a fait preuve de bonne volonté répondant à toutes les questions de la présidente, mais il a aussi souvent donné des réponses laconiques telles que : "J'en sais rien", "Je ne sais pas", "Je ne m'en rappelle pas". Cette attitude est en contraste complet avec celle de Mehdi Nemmouche qui se mure dans le silence. Toutefois, Bendrer ne semble pas avoir réussi à convaincre les parties civiles ou les procureurs généraux.

"Une affaire de stupéfiants"

Si Nacer Bendrer est présent dans ce dossier, c'est parce qu'il est accusé d'avoir fourni une Kalachnikov à Mehdi Nemmouche. Cette demande aurait été formulée lorsque Nacer Bendrer est venu à Bruxelles. Et s'il est venu à Bruxelles, c'est parce que Mehdi Nemmouche lui a parlé d'une "affaire". Derrière ce terme, Nacer Bendrer affirme avoir pensé à une affaire de stupéfiants.

Or lorsqu'on lui pose la question, Nacer Bendrer avoue ne pas "être dans les affaires de stupéfiants" et ne pas savoir si Mehdi Nemmouche y trempe également. Cette incohérence lui sera reprochée par les parties civiles.

Le procureur général s'est aussi étonné de l'empressement avec lequel Nacer Bendrer s'est rendu à Bruxelles. Moins de 24 heures après l'appel de Mehdi Nemmouche. Bendrer répond, pragmatique : "C'est parce que je ne travaille pas, je n'ai pas d'agenda".

"Je l'ai envoyé balader comme avec une fille"

Sur la question de l'arme à proprement parler, la présidente demande à Nacer Bendrer s'il est un spécialiste des armes. Celui-ci répond par la négative : "Je ne connais pas les armes et tous ces termes, le chien, chambré, tout ça".

Pourtant, là aussi, le dossier montre plusieurs incohérences. Lorsqu'il est arrêté, Nacer Bendrer est dans un pavillon où beaucoup d'armes sont entreposées dont notamment une au pied de son lit, à portée de main. Sur une de ces armes, les enquêteurs retrouveront ses empreintes. Il se défend : "Je pense que j'en ai pris une dans les mains pendant que je regardais des films de gangsters".

Quant à savoir si Nacer Bendrer a donné ou non une suite à la demande de Mehdi Nemmouche, celui-ci dit que non. "Il m'appelait beaucoup, mais je l'ai envoyé balader. Je m'en foutais. C'est comme avec une fille. Quand tu ne réponds plus, elle comprend". Plus tard, il reconnait toutefois : "Je l'ai envoyé balader, mais je n'ai pas dit non formellement". Ou encore "Je lui ai fait comprendre que je n'avais pas l'arme, mais peut-être que je n'ai pas été assez ferme" admet-il.

"Je ne suis pas un terroriste ni un djihadiste"

Au cours de l'interrogatoire, la présidente demande à Nacer Bendrer quel est son état d’esprit par rapport aux faits gravissimes qui sont jugés. Il se lance alors dans une longue condamnation de l’attentat et du terrorisme. "Je condamne fermement cet attentat. Ceux qui ont fait ça, je le dis en français, ce sont des enfants de putain. C'est ignoble et terrible ce qu'il s'est passé".

Nacer Bendrer poursuit en assurant qu’il ne dit que la vérité devant la cour d’assises. Il reconnait avoir fait des erreurs, mais affirme ne pas être un terroriste ou un djihadiste.

La présidente lui demande également d'évoquer sa réaction lorsqu’il découvre l’attentat contre le Musée Juif. Il se dit d’abord choqué, puis énervé. "J'étais énervé pour les victimes et pour moi. Une personne me contacte et me dit qu'il veut une arme. Après, j'allume la télé et je vois 4 morts".

La présidente demande alors à Nacer Bendrer s’il a eu peur en prenant connaissance de l’attentat. Celui-ci est catégorique : "Je n'avais pas peur, je n’ai rien fait, je n'avais rien à me reprocher".

"Je n'ai pas fait le lien"

Pour suivre, la présidente demande à Nacer Bendrer s'il a fait le lien entre la demande de Mehdi Nemmouche de lui fournir une kalachnikov et l'attentat contre le Musée Juif de Belgique. Il affirme : "Je n'ai fait aucun lien, je n'ai pas grandi avec lui, je ne sais pas vraiment comment est sa personnalité. J'ai vu ce que j'ai vu à la télé comme tout le monde".

Comment Nacer Bendrer voit-il son avenir ?

À la question de savoir comment l'accusé voit son avenir, il évoque sa compagne avec qui il entretient une relation depuis sept ans. "Elle ne m'a jamais lâché, il n'y en a pas beaucoup des filles comme ça" constate-t-il. Et de poursuivre sur ses aspirations professionnelles : "J'espère retrouver mon CDI dans la menuiserie parce que je suis bon là dedans" dit-il.

 

Journal télévisé ‎11‎/‎01‎/‎2019

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