Malade le jour des élections : que devez-vous faire ?

Le dimanche 26 mai, plus de huit millions de belges sont appelés aux urnes. C’est un droit fondamental mais aussi une obligation légale que d’aller voter dans notre pays. Mais parmi les inscrits, il y aura forcément des malades et des personnes bloquées à l’hôpital. Alors à qui devez-vous vous adresser si l’un de vos proches est dans cette situation ou si cela vous arrive ? Que doit écrire votre médecin sur le certificat médical ? Mode d’emploi.

Bloqué à l’hôpital

Geneviève Champion souffre d’un problème de hanche et n’est plus capable de se déplacer. Alitée depuis plus de sept mois, elle sait déjà qu’elle ne sera pas en état d’aller voter le dernier dimanche de mai. Pour elle, c’est malheureusement très clair : il va falloir voter par procuration. Et elle tient absolument à faire entendre sa voix à l’occasion de ces élections : « Je pense que cette fois-ci, il peut vraiment y avoir du changement […] mais c’est vrai que jusqu’ici je n’ai pas trop réfléchi à ce que j’allais devoir faire, je n’y ai pas encore vraiment pensé mais il est temps » nous confie-t-elle sur son lit d’hôpital.

Pour voter par procuration, elle pourra mandater n’importe quel autre électeur de son choix (une seule procuration possible par électeur) mais cette personne devra se munir des deux convocations électorales, la sienne et celle de Geneviève, de sa procuration dûment remplie et signée, sans oublier une pièce justificative pour cette procuration.

La bonne nouvelle pour Geneviève, c’est que son hôpital a déjà tout prévu : « Ici au Grand Hôpital de Charleroi on a fait les choses très simplement, j’ai rédigé et signé un document qui sera transmis via les secrétariats et les accueils à tous les patients dont on sait à l’avance qu’ils seront hospitalisés ou on en donnera à ceux qui arrivent le samedi ou le jour-même de l’élection, en sachant qu’on en imprime encore 30% de documents en plus pour les urgences » nous explique Manfredi Ventura, le directeur médical du Grand Hopital de Charleroi.

Cette attestation de l’hôpital fera office de pièce justificative pour la procuration de Geneviève Champion.

 

Alité à domicile ou en maison de retraite

Mais qu’en est-il pour les malades à domicile ? Dans ce cas-là, c’est à son médecin traitant qu’il faut s’adresser. Le docteur Claire Delcourt exerce dans la région namuroise et plusieurs de ses patients bénéficient déjà d’un certificat médical en vue du dernier dimanche de mai : « Depuis quelques semaines, je suis amenée à rédiger des certificats pour des patients qui ne savent pas se rendre au bureau de vote […], j’ai eu un certain nombre de certificats à rendre dans les maisons de repos, ou chez des patients à domicile et quelques fois en consultation également » nous raconte-t-elle.

« Ceux qui savent qu’ils seront dans l’incapacité de se rendre au bureau de vote pour raisons médicales peuvent déjà demander leur certificat médical, quant à ceux qui tomberaient gravement malades ou qui auraient un problème le jour de l’élection, ils doivent en principe obtenir un certificat le jour-même pour leur absence » précise-t-elle.

Le certificat médical sert alors de pièce justificative pour la procuration. Et les soignants doivent faire attention à ce qu’ils écrivent, interpellé sur la question l’ordre des médecins a même envoyé un courrier pour leur rappeler les règles en la matière : « Dans l’état actuel des choses et du code électoral, la seule chose qu’un médecin peut attester c’est qu’une personne est incapable de se rendre ou d’être transportée vers le bureau de vote » nous explique Jean-Jacques Rombouts, l’un des vice-présidents de l’Ordre des médecins.

Devoir électoral

Tous les Belges peuvent et doivent voter, aucun médecin ne peut attester le contraire. Pour les personnes incapables de se déplacer, le certificat médical est essentiel pour justifier leur absence le jour du vote. Cette incapacité ne dispense d’ailleurs en principe pas de voter, simplement il faut que cela soit fait par procuration.

En cas de réel problème le jour du vote, vous devez alors transmettre vos motifs d’absence au juge de paix de votre canton qui décidera si oui ou non vos raisons sont justifiées (votre administration communale peut vous aider à obtenir les coordonnées de votre juge de paix). Dans ce cas-là, un certificat médical sera là aussi essentiel pour échapper à l’amende. Une première absence non justifiée est punie, selon les cas, d’une réprimande ou d’une amende de 40 à 80 €. En cas de récidive, le montant de l’amende monte alors entre 80 et 200 €.

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