Que contient l'article 6, point noir des négociations de la COP 25?

Que contient l'article 6, point noir des négociations de la COP 25?
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La Conférence des Nations unies pour le climat, la COP 25, doit se clôturer vendredi soir. Les quatre ministres belges du Climat doivent se rencontrer aujourd’hui à Madrid.

Les trois Régions et l’État fédéral ont finalisé, chacun de leur côté, leur plan climat. Il s’agit de l’ensemble des mesures que ces entités sont prêtes à mettre en œuvre pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Elles concernent par exemple l’aménagement du territoire, l’isolation des bâtiments, ou encore la mobilité.

La Belgique et ses régions

Ces quatre plans énergie-climat sont autant de pièces du puzzle qu’il faut assembler et compiler, pour remettre un plan belge à la Commission européenne, comme elle nous le demande, pour le 31 décembre prochain. Il convient donc de trouver des convergences communes et des synergies pour présenter un plan intégré, et non pas quatre. "C’est une excellente nouvelle, se réjouit Rebecca Thissen du CNCD-11.11.11. S’il y a bien une chose qui manque à l’heure actuelle au niveau de la gouvernance climatique belge, c’est la coopération et la coordination entre les différentes entités. On voit qu’elles veulent en faire plus, mais on a encore vraiment un manque de travail collectif, ajoute-t-elle. Tout ça est très opaque et ça ne permet pas vraiment d’avoir une gouvernance efficace à nos yeux."

Et durant cette rencontre, les calculettes vont chauffer. L’ensemble des mesures devrait permettre à la Belgique de réduire de 35% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Or, avec le plan flamand fraîchement arrivé, pas sûr que l’on y parvienne.

Si l’Europe annonce aujourd’hui sa volonté d’aller plus loin, d’aller vers une neutralité carbone en 2050 avec son Green Deal, la Belgique devra se remettre au travail. Pour rappel, la neutralité carbone est l’équilibre entre les émissions de carbone et leur absorption, notamment par la nature, comme les forêts ou les océans.

L’article 6, caillou dans la chaussure

Du côté des négociations de la COP 25, l’objectif de cette réunion était de finaliser le mode d’emploi de l’accord de Paris. Il reste à présent trois jours de négociations, et avec la présence des officiels, des ministres, on entre véritablement dans les pourparlers purement politiques. Ici, à Madrid, il s’agit d’avancer sur le mode d’emploi de l’accord de Paris qui entre en application en 2020. Il donne des objectifs, les fameux deux degrés, voire 1,5 degré, à ne pas dépasser, et il faut donc prendre les mesures pour atteindre ces objectifs.

Mais un point reste à régler : l’article 6 de l’accord, relatif au système des crédits carbone. Il s’agit d’un système "d’échange" d’émissions de gaz à effet de serre. Des bons élèves pourraient revendre leurs crédits aux mauvais. Par exemple, si un pays dépasse ses objectifs de réduction, il pourra alors revendre son bonus à d’autres.

Mais pour les ONG, un tel dispositif est à double tranchant. Certains pays risqueraient en effet de calculer et d’afficher sur papier un objectif moindre pour créer ces crédits, les revendre, et ensuite récupérer de l’argent. Car le carbone a un prix. C’est la raison pour laquelle rien n’est encore finalisé.

"On constate tout de même une pression extrêmement importante de nombreux États, relève Noé Lecocq d’Inter-Environnement Wallonie. Malheureusement, si c’est une mauvaise décision, on préférerait qu’elle soit reportée à plus tard, quand les conditions seront là pour avoir quelque chose d’un peu plus solide d’un point de vue climatique", tempère-t-il.

Un texte pour tous

Il convient donc de trouver un équilibre dans les prochaines heures, chacun mettant évidemment ses arguments sur la table. C’est précisément là toute la difficulté d’une COP, parce qu’il ne s’agit pas d’un vote à majorité, mais d’un texte qui doit convenir à tout le monde.

Or, les parties ici présentes vivent des situations économiques, politiques, démographiques et climatiques très différentes. C’est pourquoi ce fameux article 6 pourrait bien affaiblir l’accord de Paris. Hier soir, le texte provisoire de l’article 6 comptait encore une trentaine de pages et plus de 200 parenthèses, ces fameux crochets qu’il faudra, d’ici vendredi, trancher ou pas.

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