"Quand on voit les cadeaux faits à l'industrie pharmaceutique, c'est assez impressionnant"

Fanny Dubois, nouvelle secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales, était l'invitée de Jour Première ce mercredi. A quelques semaines des élections de mai prochain, La Première consacrait en effet sa matinale à la question de la santé. Et à côté des hôpitaux, les maisons médicales jouent un rôle majeur de proximité en matière de soins de santé. Comme l'explique Fanny Dubois, "les maisons médicales, c'est un centre de soins intégrés dans lequel le patient est considéré de manière globale, donc dans ses aspects biologiques, mais aussi sociaux et psychologiques. Et c'est un accès géographique plus proche à la médecine générale. On encourage donc vivement cette médecine de proximité générale qui permet de justement prévenir les maladies plus aiguës qu'on rencontre à l'hôpital".

►►► Elections 2019: la santé vue par Catherine Fonck (cdH), Frédéric Daerden (PS) et Daniel Bacquelaine (MR)

"À la Fédération des maisons médicales, on n'est pas pour le 'tout à l'hôpital'. D'ailleurs, l'audit que [Maggie De Block (OpenVLD), la ministre de la Santé] avait fait sur les maisons médicales a vraiment montré à quel point si vous investissez dans des médecines générales de proximité, dans la prévention et dans la promotion à la santé, ça a un impact positif sur le désengorgement dans les urgences. On encourage donc vivement à penser le système de soins de santé pour la qualité, pour la prévention et pour les patients avant tout", poursuit Fanny Dubois.

"L'argent il y en a"

La secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales estime qu'il faut miser davantage sur la prévention. "Le problème, c'est qu'aujourd'hui ce qu'a fait Mme De Block est aussi d'orchestrer une certaine pénurie des médecins généralistes. Qu'elle ne vienne pas mettre en concurrence les métiers entre les spécialistes et les généralistes, ce n'est pas comme ça qu'il faut agir. À un moment donné, il faut mettre l'argent là où les citoyens en ont besoin. Et de l'argent il y en a, parce que quand on voit les cadeaux qui ont été donnés à l'industrie pharmaceutique sous cette législature, c'est assez impressionnant. Il faut que les citoyens soient mis au courant que l'industrie pharmaceutique, sous cette législature, a quand même dépensé plus de 582 millions d'euros en plus de ce qu'elle était censée dépenser au niveau des dépenses publiques. [...] [Avec tout cet argent, on] pourrait rembourser totalement les lunettes par exemple, on pourrait rembourser les soins psychologiques, on pourrait investir dans les maisons médicales pour que tous les citoyens puissent accéder directement proche de chez eux à leur généraliste, et donc agir dans la prévention. Donc, l'argent il y en a."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK