Quand les enfants exercent leur droit à s'exprimer et à participer

Seules quelques écoles ont obtenu le label "Ecole des droits de l'Enfant", comme l'école Singelijn à Bruxelles où Sophie Lamote est institutrice. Une fois par semaine, ses élèves se réunissent en conseil de classe. Un moment qu'ils affectionnent car ils partagent leurs problèmes mais aussi des idées qui pourraient améliorer leur quotidien au sein de l'école. Durant ce conseil de classe, chaque enfant a l'opportunité d'évoquer un problème, et de trouver une solution avec les autres élèves.

Sophie Lamote compare les époques au sein de l'enseignement : "A mon époque, c'était très traditionnel. C'était l'adulte qui parle, c'était l'adulte qui décide. Et on suit et on avance. On avait pas grand chose à dire, alors qu'aujourd'hui on est là pour les accompagner. Et eux nous accompagnent... c'est ensemble qu'on construit les choses. Je pense qu'effectivement cela permet à l'enfant de s'épanouir".

Pour ces écoliers de cinquième primaire, le droit à l'expression n'est pas qu'un droit. C''est aussi un mode de fonctionnement qui leur permet de mieux se connaitre et surtout de se sentir responsable. Noa nous explique que: "Si on a un problème, on peut l'exprimer et cela nous libère". Pour Pietro, ces conseils de classe, c'est la base de la démocratie: " En conseil de classe, toute la classe peut savoir si une idée est bonne ou pas. Parce que si on applique une idée, alors que tout le monde n'est pas d'accord... Ce n'est pas juste ! ". 

De l'expression à la participation

Après le conseil de classe, place au conseil d'école. Chaque délégué fait part des demandes , des problèmes, et des solutions qui ont été validés démocratiquement par leurs camarades. Il s'agit maintenant d'en débattre avec le directeur. C'est ici que tout se décide. Car les enfants participent directement aux prises de décisions, et donc à l'évolution de leur école. " Comme ça on peut plus participer à ce qui nous entoure, et en même temps si on ne s'exprimait pas, on apprendrait pas à se connaitre.": nous explique Anaëlle qui est déléguée de classe. Arthur a sa définition du droit à l'expression: " S'exprimer, c'est avoir la joie de vivre. En participant à un moment ou un autre, c'est important comme ça aucun enfant est ignoré ! ".

Pour Dominique Paquot, le directeur de l'école Singelijn, le droit à l'expression et à la participation des enfants va préparer ces écoliers à leur vie d'adulte: " Je reste persuadé que dans la plupart des écoles, on travaille le savoir à court terme et on travaille peu de compétences démocratiques par exemple. Je pense que c'est essentiel. Parce que ce sont ces élèves qui vont voter plus tard, et qui vont faire une société."

Sujets de droit

200 élèves siégeaient hier au parlement de la fédération Wallonie Bruxelles. Ils étaient là pour interroger Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l'enfant. Pour cet ancien éducateur, le droit à l'expression est le droit des enfants qui a le plus évolué en Belgique. " C'est simplement l'idée d'être considéré comme un sujet de droits et pas simplement comme un objet. C'est bien ça le sens de la Convention. C'est de dire qu'indépendamment des droits humains fondamentaux, il y a des droits spécifiques pour des enfants qui doivent être protégés mais qui doivent être aussi encouragés à donner leur point de vue sur le monde. Et faire en sorte d'être véritablement acteur ! "

Que ce soit à l'école, au sein des familles, ou même au coeur des institutions, les enfants s'expriment de plus en plus. Cela dit en Belgique, il reste encore du travail pour défendre leur droit à l'expression. Mais gageons que ces adultes de demain y travaillent déjà. Parole d'enfants !

Kamel Azzouz

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