Boom des dons d'organes depuis les élections communales: "J'attendais un coeur depuis 2 ans et demi"

C'est une conséquence inattendue des élections communales du 14 octobre dernier: 15.602 citoyens belges ont pu s'enregistrer comme donneurs d'organes, en même temps qu'ils accomplissaient leur devoir électoral. C'est le résultat de l'action "Je vote pour la vie" de Beldonor qui suggérait aux électeurs de profiter de l'occasion des élections pour glisser également dans l'urne un bulletin en faveur du don d'organes. Et si certains n'ont pas franchi le pas le 14 octobre, il semble bien que l'idée a continué à leur trotter dans la tête.

Les jours suivants, les communes ont en effet continué à recevoir de nombreuses déclarations. Le 15 octobre, par exemple, 1.487 autres personnes ont fait part de leur volonté de donner leurs organes après leur décès ; le 16 octobre elles étaient 2.229 de plus. Depuis, le chiffre des déclarations tend à diminuer, mais le SPF Santé publique se réjouit du succès de l'opération. Sur son site, il annonce 49.500 accords pour donner ses organes depuis le 21 septembre, soit en un mois 10.000 déclarations en plus qu'en un an.

Depuis 10 ans le nombre de Belges qui s'inscrivent sur la liste des donneurs d'organes bat chaque année le record de l'année précédente. Fin 2017, ils étaient 275.000, soit une augmentation de 12% par rapport à fin 2016. La Belgique est une excellente élève européenne, se classant derrière l'Espagne et la Croatie. 

Qui ne dit mot consent

Pour mémoire, en Belgique les citoyens qui ne se sont pas prononcés officiellement sont réputés d'accord pour donner leurs organes. Autrement dit, ceux qui s'y opposent doivent en faire officiellement la déclaration.

Mais en pratique, faute d'indications sur les volontés d'un défunt, c'est souvent la famille qui décide ou pas d'un éventuel don d'organe. Car la situation est potentiellement  source de tensions et de conflits, au point qu'elle se solde encore par un non-consentement pour préserver la concorde familiale.

Au grand désespoir des centres de transplantation et surtout des quelques 1.300 patients qui — en 2017 —  étaient toujours en attente d'un organe pour guérir ou survivre.

Comme Olivia Ndaya, jeune femme de 32 ans, atteinte d'une dégénérescence cardiaque et pour qui la greffe était la seule issue. "J'attendais un coeur depuis 2 ans et demi. Aujourd'hui, pour moi c'est une renaissance. Si je n'avais pas eu cette chance, je ne serais peut-être plus là vous parler aujourd'hui", explique-t-elle de son lit des soins intensifs des Cliniques universitaire de Saint-Luc, d'où elle se remet doucement de sa greffe.

"Car les attentes restent toujours longues, même si la Belgique est un bon élève en matière de dons d'organes, il y a toujours un déficit important entre l'offre et la demande", souligne Dominique Van Deynse, coordinateur du centre de transplantations des cliniques universitaires de Saint-Luc

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