Quand les carcasses de vieilles voitures deviennent du carburant

Quand les carcasses de vieilles voitures deviennent du carburant
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Quand les carcasses de vieilles voitures deviennent du carburant - © Tous droits réservés

C’est une première à l’échelle européenne. La société Comet Traitements, basée à Obourg, près de Mons, a poussé tellement loin l’idée de revaloriser les vieux déchets métalliques qu’elle a réussi à transformer certains résidus organiques en carburant. Cette prouesse technologique, nommée le projet Phoenix, est le fruit de cinq ans de recherche et d’essais en laboratoires, en partenariat avec l’Université de Liège.

Une usine pilote permet désormais de produire plusieurs litres de pétrole de synthèse. "On produit du carburant à partir de déchets, on évite la pollution à un moment où on manque de plus en plus de pétrole donc forcément on est très fiers ", explique Régis Mathieu, l’un des 73 employés de la PME Comet Traitements.

Un broyeur de 300 tonnes par heure

Ce n’est que la dernière idée de cette entreprise fondée il y a une dizaine d’années. Son but : revaloriser un maximum de déchets métalliques qui s’accumulent dans les décharges (vieilles voitures, frigos, machines à laver, appareils électroniques et ferraille en tout genre). "Tous les matins, une cinquantaine de camions viennent déverser toute cette ferraille qui vient des chantiers de collecte : en l’état, elle est inutilisable par les ferrailleurs donc nous la passons dans un énorme broyeur et ensuite nous faisons le tri", indique Serge Dallenogare, responsable du développement des affaires.

Les métaux ferreux partent directement vers les sites sidérurgiques. Et tout le reste est trié : cuivre, aluminium, plastique, sable de construction peuvent ensuite être réutilisés comme matière première. "Le polystyrène par exemple est revendu à des recycleurs de plastique qui peuvent l’utiliser pour fabriquer des pare-chocs de voiture, ainsi la boucle est boulée", précise Damien Janssens, ingénieur.

 

L’Union Européenne, exigeante en la matière

Malgré tous ces efforts, il restait encore quelques résidus ultimes dont l’entreprise ne savait que faire (des restes de mousse, de tissus, de bois). Grâce au projet Phoenix, elle les recycle également et parvient aujourd’hui à valoriser 98% d’une vieille voiture. Seuls 2% partent en déchetterie. C’est plus que les exigences de l’Union Européenne en la matière.

Dans un premier temps, le carburant produit servira à alimenter les machines de la PME mais dans quelques années, elle pourrait être excédentaire et vendre le surplus. Comet Traitements ne voit donc pas les déchets métalliques comme des encombrants mais plutôt comme une promesse économique.

Fiona Collienne

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