Quand la petite criminalité est au service du terrorisme

Les liens entre terrorisme et petite criminalité sont-ils sous-estimés ? C'est en tout cas ce que révèle une étude européenne qu'ont pu consulter nos collègues du Soir. Combattre la petite délinquance priverait l'organisation terroriste Etat Islamique de moyens pour mener des actions terroristes.

Kalid El Balkraoui condamné pour vol et prise d'otage. Abdelhamid Abaaoud pour braquage. Salah Abdeslam inquiété pour un vol de voiture. Tous ces terroristes ont un point commun: un passé de délinquants. Entre 50 et 80% des djihadistes européens ont un casier judiciaire. Mais leurs activités financent-elles l'organisation terroriste Etat Islamique. Thomas Renard, expert en terrorisme, en doute: "Ces financements n’ont pas servi au financement structurel de l’organisation terroriste Etat Islamique. Puisque celle-ci bénéficiait de moyens propres liés à leurs actions en Syrie et en Irak."   

Madrid avait été financé par le trafic de cannabis

Par contre, la petite délinquance permet d'utiliser le passé criminel des djihadistes potentiels. Pour qu'ils financent et mènent leurs actes sur le sol européen. Pour Michaël Dantinne, criminologue à l’Ulg : "Le fait d’avoir un passé criminel permet d’acquérir des ressources financières. Et aussi, des ressources de compétences. On sait où se procurer de faux papiers, des armes. On a toute une série de connections criminelles qu’on va pouvoir utiliser le cas échéant pour commettre un acte terroriste et faire vivre la cellule, dans l’attente d’un attentat."

Crime organisé, contrebande ou trafic d'armes. Les connections entre terrorisme et criminalité sont claires même si elles ne sont pas neuves. Les attentats de Madrid, en 2004, avaient été financés par le trafic de cannabis. 

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