Quand l'école se vit au bout du monde: ces mineurs qui voyagent pendant leurs secondaires

Les mineurs sont de plus en plus nombreux à opter pour un séjour linguistique pendant leurs secondaires. Marine et Yanis ont 16 ans et font partie des 500 jeunes qui partent chaque année avec le WEP.

Ne pas "perdre une année"

Dès leur 15 ans, les élèves peuvent partir plusieurs mois au bout du monde, le tout en validant leur année scolaire grâce à Expedis, un programme soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Je n'avais pas envie de perdre une année après ma rhéto", raconte Marine, 17 ans. Elle a passé 6 mois en Australie. 

Même son de cloche pour Yanis, 16 ans. "Je préfère opter pour des formules de 3 mois et garder l'option du voyage d'un an, plus lourd, lorsque j'aurai terminé mes études supérieures".

L'argument principal en faveur d'un départ anticipé est d'ordre pratique: en partant pendant les secondaires et non pas en seconde rhéto, on continue son cursus avec ses camarades de classe. 

Des mineurs moins libres que leurs aînés

Yanis nous raconte son histoire depuis le Cap, en Afrique du Sud où il profite d'un voyage déjà bien entamé. "Je suis ici depuis 6 semaines, c'est déjà la moitié du séjour".

Il y a pile un an, Yanis vivait sa première expérience à l'étranger en Nouvelle Zélande, à 15 ans seulement. "Ce sont mes parents qui m'ont parlé de cette option et j'ai choisi la Nouvelle Zélande parce que je pouvais y surfer!" s'amuse-t-il.

Laisser ses enfants mineurs partir, c'est aussi la garantie d'un voyage plus contrôlé. "Je suis contente que Marine soit partie avant ses 18 ans", confirme sa maman. "J'étais rassurée de savoir qu'il y avait plus de règles que quand ils sont majeurs".

Marine se souvient s'être fait recaler de plusieurs établissements. "Même quand j'étais avec des amies majeures, je ne pouvais pas entrer dans certains restaurants de Sydney. Et puis, je ne pouvais pas voyager dans le pays comme je voulais. Tout devait toujours être organisé par mon contact WEP sur place et ma famille d'accueil". 

Une intégration plus facile

Pour l'intégration, aussi, être mineur et scolarisé a son avantage puisque les élèves ont le même âge. "Au début, c'était difficile de me faire des amis parce qu'il y avait beaucoup d'autres étudiants étrangers. Les locaux en avaient un peu marre".

Yanis a fini par être ami avec les camarades de classe de son frère d'accueil. Le Liégeois a noté quelques différences entre l'école belge et néo-zélandaise. "Le niveau de maths est vraiment en dessous de la Belgique. Par contre, ils ont des cours de cuisine pour ceux qui voudraient devenir chefs. C'est plus diversifié que chez nous". 

Apprendre l'anglais...et plonger au milieu des baleines

A 15 ou 18 ans, la motivation première du voyage reste l'apprentissage d'une langue et la découverte d'une autre culture. "On peut dire que ça change une vie", confirme Marine. "Je ne vois plus mon pays et les gens de la même façon depuis mon voyage".

Voyager en étant mineur permet aussi de rester dans un rythme de vie plus classique, avec les codes de l'école. "Je n'ai pas eu de difficultés à reprendre ma vie en Belgique", raconte Yanis. "Je vis au même rythme, je me lève, je vais à l'école, je passe du temps avec ma famille d'accueil, je vois mes amis".

En Afrique du Sud, Yanis a même négocié une journée "off" par semaine. "J'adore plonger alors tous les mercredis, je rate les cours. J'ai vu des phoques et un bébé baleine. Je me réjouis de retourner mercredi prochain". 

Yanis considère qu'il a "boosté" son indépendance et conseille à tout le monde de tenter l'expérience même si elle peut paraître effrayante.  "It will be a new experience for you and I think you shouldn't miss it!". 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK