Quand des Belges, ex-colons du Congo, revenaient déçus du Brésil et de sa terre "qui ne vaut rien"

Nous sommes à l’aube des années soixante. Des milliers de Belges quittent le Congo après l’indépendance proclamée en juin 1960. On estime alors que près de 90.000 ressortissants sont rentrés au pays. Pour faire face à tous ces retours, le gouvernement belge a notamment cherché des solutions à l’étranger. Les regards se tournent vers l’Amérique du Sud. En 1961, la Belgique investit dans des terres situées au Brésil. C’est le début d’une aventure qui portera le nom de « Monte Alegre ».


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« Il y avait beaucoup de Belges au Congo qui avaient comme métier l’exploitation de la terre », raconte Jacqueline Didier, une Belge originaire d’Arlon arrivée au Brésil avec sa famille en 1963. Une équipe de la RTBF l’a rencontrée sur ce qu’il reste des terres de Monte Alegre. « En Belgique, on ne savait pas reclasser tant de personnes. Cela représentait des milliers de personnes. Il aurait été trop difficile de trouver des espaces de labourage pour autant de monde. Notre arrivée [à Monte Alegre] s’est faite comme ça », explique-t-elle plus de cinquante ans après.

Quand les colons déçus revenaient

Les premières années seront difficiles pour les colons, pourtant habitués au travail de la terre. Nous avons fouillé dans les archives de la Sonuma et remis la main sur cette séquence diffusée dans le magazine de reportages « neuf millions » au début de l’année 1963. Deux anciens du Congo y témoignent. Ils reviennent déçus du Brésil, persuadés qu’on leur a confié des champs impossibles à cultiver. L’un d’eux parle d’une terre « sablonneuse, qui ne vaut rien » et souligne que les Brésiliens y font surtout de l’élevage. Des accusations auxquelles répondent alors un agronome et le chef de cabinet du ministre du Commerce extérieur de l’époque.

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