Qu'est-ce qu'un parti d'extrême droite? Quels sont-ils en Belgique?

Qu'est-ce qu'un parti d'extrême droite? Qui sont-ils en Belgique?
Qu'est-ce qu'un parti d'extrême droite? Qui sont-ils en Belgique? - © THIERRY ZOCCOLAN - BELGAIMAGE

Les bons résultats du Front National aux Municipales en France posent question. Le discours de l’extrême droite est-il en train de se banaliser ? Le parti est-il devenu "fréquentable" ? C'est ce qu'on pourrait penser au vu de ces résultats. Mais qu'est-ce qu'est-ce qu'un parti d'extrême droite ? Qui sont-ils en Belgique ? Nous avons posé la question à Jean Faniel, directeur du CRISP (Centre de recherche et d'information socio-politiques).

A la question de savoir quelle est la définition de l'extrême droite, le politologue répond qu'"il n'y a pas de consensus dans la littérature", "mais il y a trois idées qu'on retrouve dans beaucoup de définitions" : être un parti de droite sur le plan socio-économique ; être un parti nationaliste qui est très poussé et qui souvent relève de la xénophobie ; et être un parti qui valorise 'law and order", la loi et l'ordre, le côté sécuritaire".

"L'extrême droite a pris de nouvelles formes"

Jean Faniel précise que l'extrême droite a beaucoup changé depuis les années 90, voire les années 2000. "L'extrême droite a pris de nouvelles formes, elle recherche à être fréquentable. Il y a aussi une autre dimension qui est l'apparition de nouveaux partis aux Pays-Bas, dans les Pays nordiques, où on n'a pas nécessairement un passé fasciste aussi évident que le Front national en France, que le FPÖ en Autriche et le Vlaams Belang en Belgique".

Mais ce n'est pas pour cette raison qu'il faut arrêter de parler d’extrême droite, au contraire, "récuser l'étiquette d’extrême droite est classique". Jean-Marie Le Pen l'a fait à l'époque. Sa fille Marine Le Pen a également déclaré en novembre 2013 qu'elle envisageait de saisir la justice si on continuait à qualifier le FN d’extrême droite. Un terme qu'elle déclare "volontairement utilisé pour nuire au Front National".

Dans tous les cas, "ce n'est pas parce qu'ils disent qu'ils n'en veulent pas, qu'ils n'en sont pas", explique le directeur du Crisp.

"Mais à certains égards, certains partis brouillent les pistes", poursuit-il. Et de prendre en exemple la N-VA. Pour lui, le parti de Bart De Wever n'est pas un parti d’extrême droite : "La N-VA ne fait pas de la sécurité son cheval de bataille permanent contrairement au Vlaams Belang. Ce n'est pas non plus un parti dont le nationalisme se confine à la xénophobie".

"Pour l’extrême droite les gens ne sont pas égaux", il y a des inégalités entre les individus.

Qu'en est-il en Belgique ?

En Belgique, le Vlaams Belang est le parti d’extrême droite qui a été le plus en vue, selon Jean Faniel. Mais son heure de gloire est passée aujourd'hui. "Le Vlaams Belang est en perte de vitesse", estime-t-il.

Du côté francophone, "l'extrême droite a volé en éclat". "Le Front National est devenu Démocratie Nationale (DN). On a aussi Wallonie d'abord!".

Autrement dit, "l'offre est devenue beaucoup moins solide que par le passé".

Pour le reste, Jean Faniel estime que Debout Les Belges de Laurent Louis, comme La Droite d'Aldo Mungo (exclu du PP) et le Parti Populaire (PP) de Mischaël Modrikamen ne sont pas des partis d’extrême droite.

 

C. Biourge

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