Publication d'avis de recherche non-officiels sur les réseaux sociaux: gare aux conséquences judiciaires

Publication d'avis de recherche non-officiels sur les réseaux sociaux: gare aux conséquences judiciaires
Publication d'avis de recherche non-officiels sur les réseaux sociaux: gare aux conséquences judiciaires - © Unsplash

"La fille de ma collègue a disparu… Partagez un maximum, s’il vous plaît !" Une publication sur Facebook, une photographie représentant la personne disparue… Il n’est pas anodin de voir passer des avis de recherche sur les réseaux sociaux. Peut-être, d’ailleurs, les partagez-vous.

Mais là ou ça coince, c’est lorsque vous partagez des avis de recherche non-officiels. Cela peut avoir des conséquences négatives sur l’enfant ou l’adolescent recherché ainsi que des conséquences judiciaires.

"On republie, on partage la publication d’un autre et des erreurs se glissent, ou des interprétations sont faites ou des annotations sont ajoutées. Il y a d’office des conséquences judiciaires selon ce qui est publié. Je pense déjà simplement au respect de la vie privée des gens. Vous risquez de publier des données personnelles. Le respect de la vie privé ça fait partie de règlements qui sont très précis et surveillés en Belgique comme ailleurs. Donc, on va forcément trouver des premières infractions. D’autres, pour lesquelles on pourrait être poursuivi selon ce qu’on diffuse, ce qu’on raconte", insiste Régis Kalut, porte-parole de la police fédérale.

Pas de droit à l’oubli

Quand un enfant est retrouvé, l’avis de recherche est mis à jour et supprimé d’internet. Le problème, si vous partagez une publication non officielle, c’est que l’enfant n’aura pas droit à l’oubli.

"Un enfant n’aime pas que tout le monde soit au courant de sa disparition non plus. Il peut faire l’objet de certaines stigmatisations et être montré du doigt", explique Selyna Ayuso, pour Child Focus.

Dans les cas de fugues, un partage intempestif peut alors empirer la situation. "Si jamais il voit qu’il est recherché partout et qu’il est en fugue, il n’aura peut-être pas envie de rentrer à la maison."

Le contexte de la disparition

L’autre problème avec les appels à l’aide spontanés, c’est que l’on connaît rarement le contexte derrière la publication. "On ne connaît pas les circonstances familiales par exemple. Si c’est un divorce alors c’est peut-être un peu délicat. Ou alors ça peut être des personnes mal intentionnées qui partagent les avis."

Pour éviter toute erreur, partagez uniquement les publications officielles de Child Focus et de la Police fédérale. Ces partages officiels sont très utiles à la police dans le cadre d’enquêtes. Un avis de recherche est en moyenne vu par 11.600 personnes. Ce qui représente une portée importante, beaucoup plus qu’une affiche collée. Ils ont par exemple aidé à retrouver le meurtrier de Julie Van Espen.
 

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