Telemarketing: "Ne m'appelez plus" est désormais opérationnel

Pub au téléphone: "Ne m'appelez plus" va remplacer la liste Robinson
Pub au téléphone: "Ne m'appelez plus" va remplacer la liste Robinson - © Tous droits réservés

Cette fois c'est officiel. Après sept mois d'attente, les consommateurs peuvent désormais s'inscrire sur la liste "Ne m'appelez plus", censée remplacer la liste Robinson. Fini donc les coups de fil intempestifs à caractère commercial pour ceux qui s'y inscrivent. Des amendes sont prévues et cela concerne cette fois toutes les entreprises qui font du marketing direct. Une belle avancée pour le consommateur même si tout n'est pas encore parfait comme le précise le Centre de Recherche et d'Information des Organisations de Consommateurs (CRIOC).

Nous vous l'annoncions le 5 août 2012 sur notre site info. Il aura donc fallu sept mois pour que le système se mette en place. La différence avec la liste Robinson est que cette liste est désormais contraignante (des amendes sont prévues) pour toutes les entreprises qui font du marketing direct, qu'elles soient membres ou non de la ABMD (Association Belge du Marketing Direct), situées en Belgique ou à l'étranger.

Ceux qui s'y inscrivent peuvent vraiment espérer cette fois être débarrassés de ces appels téléphoniques des entreprises passés dans le but de présenter des offres soi-disant intéressantes ou des affaires lucratives. Malgré tout, tout n'est pas parfait comme le souligne le CRIOC

Une inscription limitée à 2 ans

Premier bémol : le fait que l'on ne puisse s'inscrire que pour 2 ans maximum. Cela oblige le consommateur à devoir se réinscrire s'il veut continuer à avoir la paix.

Une limitation dans le temps que ne comprend pas l'association de défense du consommateur qui estime que "l'inscription devrait être permanente en laissant la possibilité de se désinscrire à tout moment et sans frais. Par ailleurs, chaque personne est libre de prendre, de sa propre initiative, contact avec une entreprise de son choix pour continuer à recevoir leurs offres promotionnelles".

Précisons toutefois qu'à l'inscription il est précisé que l'utilisateur sera averti avant la fin de cette période de deux ans et qu'un email sera envoyé pour prolonger l'inscription. 

Une inscription en ligne uniquement

Deuxième bémol : "On peut s'inscrire uniquement par internet. Voilà qui ne va pas réduire la fracture numérique", nous a déclaré Peter Breda du CRIOC. 
 
L'association s'inquiète pour les personnes qui ne sont pas familiarisées à l'internet. C'est le cas notamment de nombreuses personnes âgées, dit-elle. "Pour ces dernières, il est difficile voire impossible de s'y inscrire alors qu'elles sont, le plus souvent, la cible privilégiée du marketing direct", déclare-t-elle
 
Un manque de neutralité
 
Enfin, troisième et dernier bémol : "C'est l'ABMD, donc les associations belges du Marketing Direct qui organisent tout et sur leur page d'accueil on peut lire : 'Tenez compte que si vous êtes désinscrit, vous allez peut-être manquer des offres intéressantes'", explique Peter Breda.
 
"Même sur une plateforme qui va dans le sens d'une meilleure protection des consommateurs, les opérateurs de marketing direct ont apparemment du mal à s'abstenir de faire passer des messages publicitaires", estime le CRIOC  pour qui une plate-forme neutre serait l'idéal. 
 
 
C. Biourge
 

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