Proximus va lancer une 5G " Light ", les anti 5G grincent des dents

Proximus va lancer une 5G " Light ", les anti 5G grincent des dents
Proximus va lancer une 5G " Light ", les anti 5G grincent des dents - © GEORGE FREY - AFP

 

Proximus a annoncé ce mercredi son projet de lancer une 5G 'light', une première en Belgique, avec une couverture initiale dans plus de 30 communes à travers le pays. Cela ne concernera toutefois pas Bruxelles, où les normes d’émission trop strictes rendent impossible un tel déploiement. De grandes villes et communes comme Mons, Namur, Wavre, Louvain-la-Neuve, Braine-l’Alleud, Bastogne, Arlon en bénéficieront par contre.

Il n’est pas prévu pour le moment d’installer de nouvelles antennes. Les opérateurs candidats au déploiement de la 5G n’ont d’ailleurs pas encore été désignés par les autorités belges.

Pas de nouvelles antennes, pour le moment

Proximus s’appuiera donc sur l’infrastructure existante et utilisera les bandes de fréquence qu’il détient actuellement, déployées sur les antennes existantes. L’opérateur ne pourra dépasser les normes d’exposition aux champs électromagnétiques en vigueur (normes régionales). Grâce à la technique utilisée, Proximus offrira une version limitée de la 5G, avec des vitesses allant jusqu’à 30% au-dessus de la 4G.

"Cette 5G n’est qu’un début, un premier pas vers un grand voyage, et son déploiement (géographique et en termes de puissance, ndlr) augmentera avec le temps. Ce n’est là qu’un début mais il est très important pour nous", confie Guillaume Boutin, patron de Proximus. L’entreprise entend bien étendre la zone de couverture au-delà des 30 premières communes. Mais les travaux sur les antennes qui sont nécessaires sont actuellement en suspens en raison de la crise du coronavirus et des mesures de confinement qui l’accompagnent.

Inquiétude chez les opposants à la 5G

" Nous sommes contre le déploiement de la 5G et très inquiets de la croissance de l’électromagnétique ", réagit Francis Leboutte, l’une des personnes de contact du collectif " Stop 5G ". Pour ce collectif, développer la 5G est tout le contraire de ce qu’il faut faire tant pour la santé publique que pour le réchauffement climatique.

Du point de vue de la santé, Stop 5G estime qu’il y a " des preuves scientifiques suffisantes indiquant que les champs électromagnétiques de radiofréquences utilisées par les techniques de communication sans fil déjà déployées, sont nuisibles aux êtres vivants " […] " Si les plans de l’industrie des télécommunications pour la 5G se concrétisent, aucun être vivant ne pourra se soustraire à une exposition permanente à des radiations RF ", peut-on lire dans un communiqué du collectif.

Pour le collectif, le déploiement de la 5G aura aussi, à terme, un impact négatif sur la consommation d’électricité et d’énergie. " On s’attend à 2% d’augmentation, rien que pour les émissions des antennes ", explique Francis Leboutte. " On parle d’une augmentation de toute la consommation électrique de l’Europe, car les antennes vont être multipliées. Ces antennes vont consommer plus que les précédentes et il faudra ajouter la consommation des émissions de tous les objets connectés qui utiliseront la 5G. ", poursuit Francis Leboutte.

Ce dernier regrette aussi le moment particulier auquel Proximus fait son annonce : " Vu la pandémie, lancer cela à ce moment est indécent, car chacun est cloisonné chez lui et il est difficile de réagir ", ajoute Francis Leboutte.

Puisque le projet de Proximus d’avancer ses pions en matière de 5G concerne de nombreuses communes wallonnes, nous avons aussi contacté Inter Environnement Wallonie, qui regroupe de nombreuses associations, dont le collectif Stop 5G. L’organisme est plus nuancé. Il demande surtout qu’on prenne le temps d’examiner les enjeux de la 5G, ses avantages et ses inconvénients. Beaucoup de questions se posent en termes d’impact sur la santé publique auxquelles les réponses manquent encore.

 

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