Proxénétisme: Dodo la Saumure n'est pas le seul à être poursuivi en Belgique

La chaussée de Namur à Gembloux est connue pour ce genre de "bar"
La chaussée de Namur à Gembloux est connue pour ce genre de "bar" - © Google Maps

Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, le célèbre propriétaire de maisons closes, disait : "Il existe des centaines d’établissements comme le mien mais je suis le seul à être poursuivi" Le tribunal de Namur vient de prouver le contraire, trois personnes ont été condamnées, ce jeudi, pour avoir tenu une maison de débauche et pour avoir tiré profit des activités de prostitution des filles qui "travaillaient" dans l’établissement.

Une chaussée bordée de maisons aux néons mauves et roses du côté de Gembloux, pas de doute, vous êtes sur la chaussée de Namur. L’endroit est connu pour ce genre d’établissements. Il y a plusieurs années, Nicolas avait acheté avec son épouse la maison du numéro 157 pour y exploiter un "bar".  Au décès de sa femme, il avait continué à faire fonctionner son établissement avec la collaboration d’un certain Michel et d’une amie. Ce sont ces trois personnes qui étaient poursuivies devant le tribunal correctionnel de Namur, ce jeudi.

Le "bar" en question n’était pas un simple endroit où prendre gentiment un verre. Plusieurs jeunes femmes se livraient à la prostitution. "On a trouvé des femmes avec des tenues sans équivoque et on a retrouvé des préservatifs, des lubrifiants, et d’autres accessoires", avait fait remarquer la représentante du ministère public lors de la précédente audience, en septembre dernier.

Pas peu fiers d’être à la tête d’un "bar" qui marchait plutôt bien, les cogérants engrangeaient des bénéfices sur le dos des filles qu’ils engageaient et les répartissaient entre eux. 

Malgré plusieurs avertissements et des scellés placés sur l’établissement quand la justice a découvert le pot-aux-roses, ils ont continué. "Ils ont brisé des scellés et quand la police est repassée un soir devant l’établissement, elle a vu deux filles en vitrine", avait encore signalé le ministère public.

Ce "manque total de respect pour les décisions judiciaires", a été pris en compte lors du verdict rendu par le tribunal correctionnel. L’ancienneté des faits a, elle, aussi pesé dans la balance (tout ce petit monde avait été arrêté en 2007).

Nicolas et son amie écopent de la même peine : un an de prison et 2000 euros d’amende avec un sursis de cinq ans. Michel, lui, n’avait plus droit au sursis. Il écope d’une peine de travail de 150 heures.

Dodo la Saumure, lui, avait été condamné, en septembre dernier, à cinq ans de prison avec sursis pour proxénétisme par la cour d’appel de Mons. Des condamnations, il y en a bien en Belgique pour ce genre de faits. De là à dire qu’elles sont dissuasives, rien n’est moins sûr.

Julie Douxfils

 

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