Prostitution, proxénétisme, relation consentie: le "michetomètre" au service des mineures

Le "michetomètre" est d'abord testé avant une diffusion plus large.
Le "michetomètre" est d'abord testé avant une diffusion plus large. - © RTBF

C’est un outil développé en France par l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), mais qui peut clairement être utilisé chez nous en Belgique. Le "michetomètre" est un document reprenant les critères permettant de définir si une relation relève de la prostitution, du proxénétisme ou de la relation consentie. Tout d’abord, un peu d’étymologie. "Micheton" signifie, en argot, le client d’une prostituée. Par extension, il a donné "michetoneuse", une prostituée occasionnelle ou dans un second sens, une femme qui séduit par intérêt.

Un document plutôt ludique qui doit permettre aux jeunes de s’auto-tester

Toujours est-il que le "michetomètre", présenté par nos confrères du Parisien, est proposé afin d’aider les plus jeunes. "C’est un document plutôt ludique qui doit permettre aux jeunes de s’auto-tester et de susciter le débat", explique Arthur Melon, de l’ACPE. "Le but est d’accroître leur conscience par rapport aux risques encourus, en cas de relations amoureuses ou sexuelles, savoir ce qu’on est en droit de donner ou demander, ou si cette relation présente des risques "prostitutionnels", voire s’ils s’exposent à des sanctions, en cas de proxénétisme." Pour l’ACPE, la banalisation de la pornographie ne permet plus d’installer des balises sur ce qui représente une relation classique. "Sans compter les modèles qui banalisent la situation, le plus fréquemment cité est l’effet Zahia (NDLR : l’escort-girl mineure devenue mannequin et ensuite comédienne, ayant eu des relations tarifées avec d’anciens joueurs de l’équipe de France de football). Les jeunes ne savent pas toujours comment se situer et vu que la prévention à l’école est peu avancée, ils cherchent des réponses auprès de leurs pairs ou sur internet. Au moins, le "michetomètre" peut apporter des précisions."

Le "michetomètre" dresse trois catégories. La première "relation libre et respectueuse" (vert) évoque notamment la possibilité pour une adolescente de dire "non" ou encore la prise en compte des sentiments par le partenaire. La seconde "prostitution" (rouge) dresse différents cas de figure et les dangers que cela représente (abus, violences…). Enfin, la troisième intitulée "proxénétisme" (noir) rappelle qu’en France, le proxénétisme est puni par la loi "car tu participes à l’exploitation des autres".

A disposition des écoles, maisons de jeunes…

Le michetomètre a été élaboré "à partir de l’expérience avec les jeunes en concertation avec une éducatrice et sociologue, une sexologue et une employée de l’Aide Sociale à l’Enfance. Elles sont intervenues dans les choix de formulation afin de présenter un support qui corresponde aux représentations des jeunes tout en leur donnant des informations pertinentes".

L’outil est actuellement en phase de test auprès de partenaires avant d’éventuelles adaptations. "Il sera ensuite mis à disposition dans tous les endroits fréquentés par des jeunes (écoles, centre de planification, maisons d’ados…) pour qu’ils puissent discrètement prendre l’outil s’ils ont l’impression que le contenu les concerne. Le but est qu’il provoque chez eux une réflexion et le désir d’en parler à un adulte", ajoute l’ACPE.

Pour l’ACPE, la meilleure prévention reste le dialogue parents-enfants. "Il ne faut pas avoir peur de parler de ça à leurs enfants, mais en faisant très attention aux mots utilisés, sans forcément parler de "prostitution", c’est une étiquette très lourde à porter", prévient Arthur Melon. "Quand un enfant est prostitué, il est victime. Il ne faut pas chercher à lui tirer les vers du nez comme s’il était un suspect. L’enfant veut se sentir considéré, il ne faut pas le résumer à son activité prostitutionnelle."

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