Prostitution: les travailleurs et travailleuses du sexe veulent faire entendre leur voix

Prositution: ils veulent faire entendre leur voix
Prositution: ils veulent faire entendre leur voix - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

A quelques jours des élections, les travailleurs et travailleuses du sexe veulent se faire entendre. UTSOPI, l’Union des Travailleu.r.ses du sexe Organisé.e.s pour l’Indépendance, est un collectif qui rassemble et représente les travailleurs du sexe. Après trois ans d’existence, UTSOPI publie un mémorandum contenant dix revendications.

Un statut officiel pour les travailleurs du sexe

« On veut toucher les politiques et aussi la population pour qu’elle comprenne mieux notre réalité. On demande à être entendu car ces revendications ont en sens. Elles sont très pragmatiques », explique Sonia Verstappen, présidente d’UTSOPI.

Maxime Maes, administrateur d’UTSOPI ajoute : « Il faut changer et adapter la loi pour qu’elle corresponde mieux à la réalité du travail du sexe en 2019. On souhaite que ces changements se fassent avec nous, en nous consultant davantage. »

C’est d’ailleurs la première revendication. « Nous demandons à être impliqués dans tous les débats et propositions qui nous concernent, afin que nos besoins et nos attentes soient entendus et compris. »

Le collectif réclame également un statut officiel pour les travailleurs du Sexe. Une reconnaissance sociale et juridique qui permettrait d’obtenir un droit à la sécurité comme tout travailleur en Belgique. « Aujourd’hui, on est obligé de se faufiler entre différents statuts, serveur ou masseur par exemple, pour avoir un minimum de droits ».

Concrètement, cette absence de statut plonge les travailleuses dans des situations dramatiques. « En cas de grossesse c’est vraiment compliqué, les travailleuses du sexe continuent de travailler jusqu’à 7 mois de grossesse ou alors elles arrêtent de travailler et perdent leur revenu. Si notre métier était reconnu, les femmes enceintes seraient écartées avec un revenu garanti comme pour d’autres métiers à risque. »

Décriminalisation du travail sexuel

UTSOPI souhaite également une décriminalisation du travail sexuel. « En Belgique, le travail du sexe est légal mais tout ce qui tourne autour est illégal. On parle ici de la publicité notamment ou encore des contrats de travail. On demande donc de réformer l’article 380 du code pénal belge, qui criminalise les différents moyens qui permettent aux travailleu.r.ses du sexe d’exercer librement leur métier », détaille Maxime Maes.

Par ailleurs, pour l’instant chaque commune ou ville a sa propre réglementation sur le travail du sexe. UTSOPI souhaite que cela soit uniformisé au niveau fédéral.

Sécurité et fin de la stigmatisation

Pour assurer la sécurité des travailleurs et travailleuses du sexe, le collectif demande la création de « Zones P ». Aujourd’hui, de nombreux endroits de prostitutions sont glauques et cachés et donc dangereux. « Il s’agirait de zones où les prostituées pourraient travailler dans un certain confort avec des sanitaires notamment et en sécurité. »

Evidemment, UTSOPI réclame plus de moyens structurels et financiers pour les associations qui aident les travailleurs et travailleuses du sexe.

Enfin l’association souhaite faire de lutte contre la stigmatisation de la prostitution une propriété nationale. « Il existe en Belgique une législation adéquate de lutte contre les discriminations. Il est temps de l’appliquer à la discrimination institutionnelle et sociétale infligée aux travailleu.r.ses du sexe dans leur vie quotidienne. »

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