Projets humanitaires en rade: 50 millions d'euros non distribués

Les ONG avaient, entre autres, des projets de reconstruction à Gaza.
Les ONG avaient, entre autres, des projets de reconstruction à Gaza. - © ROBERTO SCHMIDT - BELGAIMAGE

Un tiers du budget prévu pour l'aide humanitaire en 2014 n'a pas été distribué. 9 organisations non gouvernementales (ONG), dont la Croix-Rouge de Belgique, Caritas International ou encore Oxfam Solidarité, dénoncent la situation.

Les associations rappellent que les besoins sur le terrain sont énormes: on compte à présent 51 millions de réfugiés dans le monde, un chiffre jamais atteint depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Sud Soudan, la Centrafrique, le Sahel, la Syrie, et la Palestine sont autant de pays où sévissent, pour différentes raisons, de graves crises humanitaires.

Des conséquences concrètes

Jan Weuts, coordinateur de l'aide urgente chez Caritas International, explique que son association n'a pas pu venir en aide aux réfugiés syriens, faute de budget débloqué. "Nous avions le projet d'aider les Syriens réfugiés au Liban à se préparer pour l'hiver, dit-il. Nous n'avons pas reçu l'argent nécessaire. Résultat: cet hiver, on a vu des images inhumaines, de gens qui logeaient dans des abris de fortune, alors qu'il neigeait dehors." Les Palestiniens, eux aussi, devront attendre : "Les gens ne se rappellent peut-être plus mais la Palestine a été considérablement détruite l'été passé. On n'a même pas pu commencer à les aider à reconstruire." Et ce ne sont que des exemples.

Des raisons techniques

Pour les ONG, si le gouvernement n'a pas libéré l'argent prévu, c'est simplement pour faire des économies. Le ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo (Open Vld), dément et insiste sur le fait qu'il y a une explication technique. Par la voix de son porte-parole, il explique : "L’allocation de base spécifique 'programmes humanitaires' dont il est question pouvait seulement être opérationnalisée après approbation de l’arrêté royal Aide humanitaire. Cet arrêté royal du ministre Labille a été approuvé quelques jours seulement avant la dissolution du Parlement, en avril 2014. Il y a ensuite eu la période d’affaires prudentes, puis d’affaires courantes jusque mi-octobre et la prudence budgétaire: il était de ce fait impossible d’approuver les programmes humanitaires l’année passée." Le porte-parole d'Alexander De Croo précise que, par ailleurs, la Belgique est tout de même intervenue dans la lutte contre le virus Ebola.

Un manque de volonté

Jan Weuts estime que, justement, cela montre que c'est une question de volonté : "Nous avons l'impression que l'aide humanitaire ne représente un enjeu que quand il y a une pression de l'opinion publique assez contraignante pour pousser à honorer les promesses faites." Une pression qui était présente pour l'épidémie d'Ebola, mais beaucoup moins pour les autres crises humanitaires.

Daphné Van Ossel

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK