Procès Sharia4Belgium: Belkacem condamné à 12 ans de prison

Procès Sharia4Belgium: Belkacem condamné à 12 ans de prison
2 images
Procès Sharia4Belgium: Belkacem condamné à 12 ans de prison - © Tous droits réservés

Douze ans de prison ferme pour Fouad Belkacem, le leader de Sharia4Belgium : la sentence est sévère, la justice a visiblement voulu marquer le coup, mettre en garde les jeunes tentés par le terrorisme. Sharia4Belgium est considéré comme organisation terroriste par le tribunal correctionnel d'Anvers qui a condamné d'autres prévenus partis en Syrie à des peines d'emprisonnement tout en montrant une certaine clémence pour les repentis. Jejoen Bontinck, dont les témoignages sont considérés comme essentiels au dossier, écope de 40 mois de prison avec sursis.

Le tribunal correctionnel d'Anvers a jugé le groupe Sharia4Belgium en tant qu'organisation terroriste. Pour le tribunal, le but du groupuscule islamiste était de combattre la démocratie pour remplacer l'Etat belge par un état islamique où seule la Charia aurait fait office de loi.

Le tribunal a avancé cinq points pour confirmer son jugement. Dans un premier temps, le groupuscule possédait son propre site internet et sa chaîne YouTube. Par les textes qui y étaient diffusés, Sharia4Belgium faisait l'apologie du jihad armé et des martyres. Deuxièmement, les contacts internationaux de Fouad Belkacem, considéré comme le leader de l'organisation, et ses disciples de la première heure avaient adhéré au jihadisme salafiste. Le tribunal a également avancé la propagande menée auprès des jeunes. Ces derniers étaient endoctrinés au jihadisme salafiste par le biais de leçons ou d'entrainements physiques organisés au quartier général de la Dambruggestraat à Anvers. Le quatrième point est le recrutement effectif de ces jeunes pour le djihad.

Les inculpés ne peuvent, selon le tribunal, nier l'implication de Sharia4Belgium dans les différents départs vers la Syrie. Ce n'est pas un hasard si toutes les figures de proue du groupe, à l'exception de Fouad Belkacem, se sont rendues en Syrie en août 2012. C'est une preuve irréfutable, selon le tribunal, qu'il s'agissait d'un voyage organisé. Le groupe y avait rejoint Magli Shura et Jabhat Al-Nusra, deux organisations djihadistes salafistes liées à Al-Qaïda. Le conflit en Syrie représentait pour Sharia4Belgium une opportunité rêvée en vue de l'établissement d'un Etat islamique par le jihad armé. Le tribunal a enfin retenu les différentes actions violentes que le groupuscule a provoqué en Belgique, comme l'échauffourée au commissariat de police de Molenbeek-St-Jean après "l'incident du niqab".

Le tribunal a indiqué qu'il n'était pas question d'éteindre les poursuites à l'encontre des prévenus supposés décédés, comme l'avait demandé la défense d'Houssien E.. Le tribunal a déclaré n'avoir aucune preuve de la mort de ce dernier et a rappelé que les combattants djihadistes simulaient parfois leur décès afin d'échapper aux poursuites judiciaires. La décision est également applicable à Nabil A., Tarik T. et Ahmed D.

Jejoen Bontinck reçoit un dédommagement

Le tribunal correctionnel d'Anvers a ordonné un dédommagement provisionnel à Jejoen Bontinck. Les prévenus qui l'avaient retenu en Syrie devront lui verser 5000 euros. Ceux-ci étant toujours à l'étranger, ou décédés, la somme pourrait cependant ne jamais lui être versée.

La zone de police de Bruxelles-Ouest devrait recevoir 280.000 euros de dommages et intérêts pour les échauffourées qui ont eu lieu au commissariat de Molenbeek-St-Jean après "l'incident du niqab". Fouad Belkacem est actuellement le seul condamné pour ces faits à se trouver sur le territoire belge. La mère de Brian de Mulder (21 ans) avait demandé 10.000 euros de dommages et intérêts, estimant que son fils avait été endoctriné. Sa demande a été rejetée. "Le tribunal comprend la douleur et la crainte concernant le danger potentiel qu'encourt son fils. Mais bien qu'il y ait eu ingérence, c'était son choix personnel de rejoindre Sharia4Belgium et de se rendre en Syrie. Son implication dans les faits qui lui sont reprochés est donc établie et la demande ne peut aboutir", indique le jugement.

La demande du père de Jejoen Bontinck, Dimitri, a été rejetée pour les mêmes raisons. Il reçoit néanmoins un euro de dommages et intérêts pour la détention de son fils en Syrie. Dimitri Bontinck s'est dit satisfait du jugement de son fils, à savoir quarante mois avec sursis pour ce qui excède la détention préventive. L'avocat de Jejoen a par ailleurs indiqué qu'il conseillerait à son client de ne pas faire appel.

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK