Procès du Musée Juif: pour le médecin légiste et l'expert en balistique, le tireur connaissait les lieux

La troisième semaine du procès de la fusillade au Musée Juif de Belgique a commencé ce lundi. L’audience des 7 prochains jours est consacrée aux auditions des enquêteurs et des juges d’instruction. Tous les premiers intervenants ont été entendus. Des policiers de la zone de Bruxelles-Capitale-Ixelles et des membres d’équipes médicales : médecins urgentistes, infirmiers et ambulanciers.

Retour sur les premiers instants

Les policiers se rappellent un premier appel du dispatching. Ils ont pour seule information qu’il y a eu des coups de feu. Un des policiers pense qu’il s’agit de pétards tirés dans le cadre du festival Jazz Marathon qui se tient ce weekend-là au Sablon. Ce n’est que dans un second message du dispatching qu’ils apprennent qu’il y a eu des coups de feu et qu’il y a des victimes au sol.

A l’entrée du Musée, un policier explique qu’il découvre les corps d’une femme et d’un homme. Il s’agit du couple Riva. A l’intérieur, des personnes l’appellent et lui indiquent la présence d’une troisième victime: "C'était Alexandre Strens, il convulsait", explique-t-il.

Les témoignages suivants sont ceux des ambulanciers et des équipes du SMUR. Ce sont des professionnels qui se disent même habitués à voir des blessures par balle. Mais une fois arrivés sur place, ils se rappellent avoir été choqués par la brutalité des faits. Ils soulignent la précision des tirs : des tirs pour tuer et non pas pour blesser. Pour une 'infirmière du SMUR qui s’est occupée d’Alexandre Strens, ce qui était impressionnant, c'est la sensation que les victimes avaient été exécutées. "Il avait une balle entre les yeux", se rappelle-t-elle.


►►► Relisez notre direct en intégralité en cliquant ici


Ils se rappellent aussi le climat de peur qui règne lorsqu’ils posent les premiers gestes : les lieux n’ont pas encore été entièrement fouillés par la police. Un médecin raconte ensuite le moment où il tombe sur la quatrième victime: "Elle avait une balle dans la tête et elle était criblée de balles, c'était très choquant". La présidente lui demande si c'était impressionnant même pour un professionnel. Il répond par l'affirmative: "J'ai 25 ans de SMUR, mais la précision des tirs était très impressionnante. L'impact émotionnel est là. Ça m'a choqué".

À noter également ce moment, avant la suspension d’audience, où la présidente a demandé à Mehdi Nemmouche pourquoi il n’avait pas demandé la révocation des juges d’instruction. Mehdi Nemmouche n’a pas souhaité répondre. Une question en lien certainement avec la défense qui depuis le début du procès critique la manière dont l’enquête qui a duré près de 4 ans a été menée. Mais aucun des trois avocats de Mehdi Nemmouche n’a utilisé cette possibilité de révoquer un juge d’instruction.

La matinée s’est terminée avec les premières constatations réalisées par le laboratoire de la police technique et scientifique. Des prélèvements ont été faits de mégots, mais aussi de traces sur du mobilier urbain. Pour finir, des photos des corps des époux Riva ont été diffusées. Des images évidemment très difficiles à regarder.

En début d’après-midi l’audience s’est poursuivie avec les enquêteurs et les deux juges d’instruction. Les éléments balistiques et les empreintes ont été présentés au jury.

Pas d'empreinte sur la porte

Il y a un élément qui arrange fortement la défense depuis le début de ce procès. C’est l’absence de traces de Mehdi Nemmouche sur la porte du Musée alors que les images de vidéosurveillance le montrent : le tireur a bel et bien touché cette porte. Depuis le début du procès, les avocats de Nemmouche basent notamment leur défense sur cet argument : s’il n’y a pas d’empreinte, c’est que leur client est innocent.

Mais ce lundi après-midi, la présidente a posé cette question à un expert : si on touche un objet, y laisse-t-on forcément une empreinte digitale ? La réponse est non. La présidente a complété sa question : deux empreintes superposées sont-elles encore identifiables ? Là aussi, la réponse est non. Deux réponses qui n’arrangent pas la défense de Mehdi Nemmouche. Reste encore la question de l’ADN, d’autres experts viendront plus tard apporter des réponses sur ce point-là.

Par la suite, on a aussi entendu les résultats des toutes premières analyses du médecin légiste ainsi que les analyses de l’expert en balistique. Pour les deux hommes, cela ne fait aucun doute, le tireur était déterminé et connaissait les lieux. Pour le médecin légiste l’expert en balistique, cela ne fait aucun doute, le tireur était déterminé et connaissait les lieux.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK