"Ce qui est arrivé en 2014, c'était comme un éclat de tonnerre", raconte le président du Musée juif

La cour d'assises de Bruxelles entendait ce vendredi matin plusieurs personnes qui se sont constituées partie civile contre Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, les deux accusés de l'attentat au Musée juif de Belgique, commis en mai 2014 à Bruxelles.

Le témoignage de la mère d'Alexandre Strens

L'audition d'Annie Adam, la maman d'Alexandre Strens, le jeune employé du Musée juif tué lors de la fusillade, a commencé vers 10h. "Alexandre était un garçon charmant, gentil, travailleur, il avait la main sur le coeur, il se confiait beaucoup à moi. Son seul souhait, c'était d'étudier, il était passionné par l'histoire et la musique". 

Le 24 mai, Annie Adam "devait dîner avec lui. Il n'est jamais rentré. Je vis comme une maman à qui on a coupé les ailes."

Les contacts avec les policiers n'auraient pas été très bons après l'attentat, explique-t-elle. La famille Strens n'a pas été prévenue directement. Celle-ci a dû appeler la police pour savoir si Alexandre faisait partie des victimes. 

Le dernier mot de son interrogatoire: "Ce que je veux, c'est que justice soit faite pour Alexandre. J'ai confiance en la justice". 

"Cet attentat a changé ma vie"

La deuxième personne à témoigner, Clara Billeke Villa Lobos, une artiste chilienne de 81 ans, se trouvait au Musée juif lors de l'attaque. Elle s'est constituée partie civile via son avocat, Me Vincent Lurquin.

Lors des événements, elle regardait un film avec une amie quand elle a entendu des coups de feu. Son amie pensait que les coups de feu faisaient partie du film. 

Cet attentat a changé la vie de Clara Billeke Villa Lobos. "Pour mon travail de création, on a besoin de beaucoup de présence, mais je n'ai pas pu avancer parce que je suis dans un état de sidération. Ma vie est suspendue à un acte qui n'est pas résolu. Cet acte, j'ai du mal à le qualifier. C'est un acte où quelqu'un s'arroge le droit de tuer, mais on est dans un pays avec une démocratie, un pays d'accueil. Et ça me fait très mal de penser qu'on peut donner la mort comme ça".

"Le duo Alexandre-Dominique fonctionnait à merveille"

Philippe Blondin, le président du Musée Juif est la troisième personne à avoir été interrogée. La présidente lui demande de décrire le caractère de Dominique Sabrier, la bénévole qui s'occupait de l'accueil et qui est morte dans les attentats. "Dominique était une femme raffinée, élégante, intelligente et cultivée. Elle avait frappé à notre porte quelques mois auparavant pour retrouver sa judéité".

Il raconte aussi que le Musée n'avait jamais fait l'objet de menace en 2014: "Aucune menace, aucun graffiti sur nos murs. Ce qui est arrivé en 2014, c'était comme un coup de tonnerre." se rappelle-t-il.

Sur les questions de sécurité dans le Musée juif, le président explique que deux boutons se trouvent sous le bureau de l'accueil. "L'un sert à ouvrir la porte en verre qui sépare le hall d'entrée de l'accueil. L'autre est relié à la police." Il se corrige ensuite: "Le deuxième bouton est relié à une société de sécurité.", précise-t-il.

Me Courtoy prend ensuite la parole. Il interroge Philippe Blondin sur le taux de fréquentation dans la Musée car "un attentat devrait faire un maximum de morts. Or les voisins parlent d'un Musée peu fréquenté." À cela, Monsieur Blondin indique ne pas connaitre le chiffre de 2014, mais estime qu'il y a des centaines de visiteurs qui viennent chaque jour depuis la réouverture du Musée, quatre mois après l'attentat.

L'audience est suspendue peu avant 13h. Le procès se poursuivra lundi matin à 9h avec les témoignages des juges d'instruction et enquêteurs.

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