Procès du Musée Juif: Nemmouche parle, il affirme avoir été piégé

Procès du Musée Juif : Nemmouche parle, pour ne rien dire "J'ai été piégé, merci de nous avoir écouté pendant deux mois"
Procès du Musée Juif : Nemmouche parle, pour ne rien dire "J'ai été piégé, merci de nous avoir écouté pendant deux mois" - © Tous droits réservés

Mehdi Nemmouche est sorti de son silence, pour ne rien dire, ou presque, si ce n'est réaffirmer son innocence, en 15 petites secondes. Juste avant les délibérations, les accusés d'un procès d'assises peuvent faire un dernier commentaire, c'est eux qui ont le dernier mot. La présidente de la cour d'assises de Bruxelles a donc donné la parole à Mehdi Nemmouche et à Nacer Bendrer. 

"J'ai été piégé, a déclaré Mehdi Nemmpouche, et Me Courtoy vous a expliqué les raisons pour lesquelles je me suis tu. Depuis le début, ce n'est pas une attitude irrespectueuse, je n’ai pas cherché à être licencieux. Si c'était à changer, je changerais tout. Je vous remercie d’avoir été attentif ces deux mois".

L’homme est accusé d’avoir perpétré quatre assassinats à caractère terroriste au Musée juif de Belgique, le 24 mai 2014. Depuis le début de son procès, devant la cour d'assises de Bruxelles, Mehdi Nemmouche avait toujours affirmé qu’il donnerait les réponses le moment venu. Pendant ses auditions avec les enquêteurs, il avait une réponse favorite : " D.A.S. ", pour droit au silence. Il avait ensuite promis qu'il s'exprimerait devant la cour d'assises. A la présidente qui l'interpellait au sujet de cette promesse, il avait répondu : "Soyez patiente, je m'exprimerai". Jusqu'ici il ne s'était exprimé qu'une fois pendant ce procès : il avait lu une déclaration à l'occasion du vol d'un dossier au cabinet de Me Lurquin, un des avocats du procès.

Il rejoint la thèse de ses avocats, celle du complot

En se disant piégé, Mehdi Nemmouche rejoint la thèse de ses avocats selon laquelle il serait victime d'un complot organisé par les services de renseignements libanais et iraniens venus exécuter des agents du Mossad. Une thèse à laquelle Me Courtoy et Me Laquay n'ont apporté aucune preuve. 

Nacer Bendrer s'est exprimé à son tour. Lui aussi se dit innocent. "J'ai peur d'être devant vous parce que je n'ai rien à voir dans cette histoire, a-t-il dit en s'adressant au jury. Je ne sais pas ce que je fais devant vous, je suis innocent. [...] Une personne m'a appelé au téléphone. Elle m'a demandé une arme, je n'ai pas fourni d'arme. Je ne suis pas blanc comme neige, j'ai déjà fait des conneries dans ma vie. J'ai gardé des armes, mais dans un autre dossier. Dans cette histoire, je n'ai rien à voir. 

Nacer Bendrer : "J'ai peur, vous avez ma vie entre vos mains"

Que l'accusation me traite de tous les noms, c'est normal. Il y a des personnes qui ont perdu la vie. [...] C'est vous les jurés qui jugerez de ma vie. J'ai une vie qui m'attend, une femme qui m'attend. [...] On n'est pas au théâtre, il y a des gens qui ont perdu la vie. Des familles qui attendent la vérité pour leurs proches. Je me suis exprimé, j'ai toujours répondu. On m'a traité de menteur, mais j'ai dit la vérité. Et aujourd'hui, j'ai peur parce que je me dis qu'ils n'ont peut-être pas compris. [...] Vous avez ma vie entre vos mains". 

Nacer Bendrer est accusé d'avoir fourni à Mehdi Nemmouche les armes utilisées lors de la tuerie. Dans son réquisitoire, le parquet a demandé au jury de le reconnaître coupable comme complice (aide accessoire) et non comme coauteur des faits (aide importante, sans laquelle le crime n'aurait pu être commis). Les procureurs l'ont accusé de mentir sans arrêt.

 

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