Procès du Musée juif : "Ne rien dire est la première signature de votre culpabilité"

Procès du Musée juif : "Ne rien dire est la première signature de votre culpabilité"
Procès du Musée juif : "Ne rien dire est la première signature de votre culpabilité" - © STEPHANIE LECOCQ - AFP

Me Vincent Lurquin est venu exposer sa vision du dossier dans le procès de la fusillade du Musée juif de Bruxelles. Il représente une rescapée, Clara Billeke Villa Lobos, artiste de 81 ans qui visitait le musée avec une amie le 24 mai 2014. S’adressant à Mehdi Nemmouche, dans le box des accusés de la cour d'assises, il est longuement revenu sur le fameux « DAS » (pour « Droit Au Silence »), les trois lettres que l’accusé donne systématiquement pour toute réponse aux enquêteurs. « Le droit au silence, c’est votre droit le plus strict, entame l’avocat. Vous ne voulez pas aider la justice à comprendre ».

Mais, pour l’avocat, le recours au droit au silence n’a aucun sens dans le chef de Mehdi Nemmouche : « Généralement, le principe du droit au silence, on y a recours lorsqu’on ne reconnaît pas la légitimité d’un tribunal ou d’une cour, notamment dans certains pays après une guerre civile. On ne croit pas à l’impartialité de la 'justice des vainqueurs'. C’est ce qu’on appelle un 'procès de rupture'. L’accusé se tait alors, mais la défense aussi se tait. Dans le cas présent, les avocats de Mehdi Nemmouche parlent, ils reconnaissent la légitimité de cette cour. »

Votre droit au silence est uniquement un droit de se taire

Se tournant à nouveau vers le box des accusés, le pénaliste poursuit : « Vous n’avez en réalité pas choisi le principe du droit au silence, mais uniquement un droit de se taire. Ce n’est pas 'DAS', c’est juste 'DST'! » Me Libert conclut : « Ne rien dire est la première signature de votre culpabilité ».

Le silence de Mehdi Nemmouche lors du témoignage des victimes est une autre preuve de sa culpabilité, selon Me Lurquin. « Aucun mot d’humanité n’est sorti de la bouche », souligne l’avocat.

Vincent Lurquin tient aussi à expliquer pourquoi sa cliente, restée coincée plusieurs heures dans le bâtiment lors de l’attaque, a voulu se constituer partie civile : « Elle ne veut pas parler de sa souffrance. Elle veut que justice soit rendue aux victimes. Elle veut dire que les choses se sont passées ; elle était là. Il y a un respect immense pour les personnes qui ont perdu leur vie et il y a aussi cette notion de terreur qui touche ceux qui restent. Elle a un devoir de parole, de mémoire, de justice. »

 

 

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