Procès du Musée juif : "Les accusés ont le droit de mentir, vous avez le droit de ne plus les croire"

Procès du Musée juif : « Les accusés ont le droit de mentir mais vous avez le droit de ne plus les croire »
Procès du Musée juif : « Les accusés ont le droit de mentir mais vous avez le droit de ne plus les croire » - © IGOR PREYS - BELGA

« Ma cliente est la seule qui s’est vu assassiner. Elle a vu toute la scène, les secondes ont dû durer une éternité » : Me Koning, conseil de la famille de Dominique Sabrier, s’adresse aux jurés de la cour d’assises de Bruxelles. Pendant plus de six heures ce mardi, l’avocat a déroulé sa plaidoirie dans le procès de la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Dominique Sabrier, 66 ans, était bénévole à l’accueil du musée. Editrice française, elle venait de s’installer à Bruxelles. Elle a été touchée au bras et à la tête par des tirs de Kalachnikov.

Mehdi Nemmouche me fait penser à Adolf Hitler

Pour les parties civiles, la culpabilité des deux accusés, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer ne fait pas de doute. « Quel signal allez-vous lancer aux candidats terroristes et à ceux qui leur fournissent des armes ? », interroge Me Koning. Il précise d’abord qu’il peut subsister une parcelle de doute : « Est-ce qu’on peut demander une preuve à 100% ? Absolument pas. Les délinquants ont rarement l’élégance de se prendre en selfie quand ils commentent un crime. L’enquête est tributaire des miettes laissées par l’auteur des faits. Ne tenez pas compte du doute déraisonnable que (la défense) va vous vendre de l’autre côté de la barre ». Il égrène ensuite tous les éléments « accablants » de l’enquête : les traces ADN, les points communs entre la vidéo de revendication et le studio de Mehdi Nemmouche, l’attirail du tueur et celui du repérage (la veille des faits) retrouvés sur l’accusé à son arrestation…

Il souligne également que Mehdi Nemmouche n’a jamais dit ce qu’il faisait le 23 et le 24 mai 2014 après-midi, qu’il ne fournit pas d’alibi. Rappelant que ce dernier avait dit en 2010 qu’il tuerait « un maximum d’impies », l’avocat ne fait pas dans la nuance : « Mehdi Nemmouche me fait penser à la figure du plus grand criminel que la terre ait jamais porté, Adolf Hitler. Il a mis à exécution mot pour mot ce qu’il avait annoncé. »

Il n’y a ni trucage d’images, ni grand complot. Tout cela, c’est de la fumisterie

Me Koning s’attache ensuite à démonter les arguments de la défense, ces « contre-vérités ». Pour Me Courtoy et Me Laquay, Mehdi Nemmouche a laissé des traces d’ADN sur les armes parce qu’il a voulu les sécuriser lorsqu’il les a trouvées. « On croit rêver, s’exclame l’avocat de Dominique Sabrier, on trouve le revolver chargé au maximum ! On trouve 31 munitions dans la Kalachnikov ! On se moque de vous quand on dit que Monsieur Nemmouche a touché ces armes pour les neutraliser ! »

Pour Me Koning, la théorie d’un assassinat ciblé contre des agents du Mossad ne tient pas. Il ne croit pas non à l'idée que des enquêteurs auraient truqué des images de vidéosurveillance afin de faire ressembler le tueur à Mehdi Nemmouche : « Il n’y a ni trucage des images, ni grand complot. Tout cela, c’est de la fumisterie. La défense sort sans cesse des lapins de son chapeau. Mais si vous cherchez, vous trouverez à chaque fois leurs grandes oreilles. »

L’avocat de parties civiles achève sa plaidoirie en se concentrant sur Nacer Bendrer. Ce dernier est soupçonné d’avoir fourni les armes à Mehdi Nemmouche. Pour Me Koning, sa culpabilité est tout aussi avérée que celle de Mehdi Nemmouche. Il pointe les nombreux mensonges du coaccusé, et conclut : « Les accusés ont le droit de mentir mais vous avez le droit de ne plus les croire. »

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