Procès du Musée juif : les 7 éléments qui prouvent la complicité de Nacer Bendrer, selon le procureur

En ce deuxième jour de réquisitoire, dans le procès de la fusillade au Musée juif de Bruxelles, le procureur Bernard Michel se penche sur le cas de Nacer Bendrer. L’homme est accusé d'avoir fourni les armes utilisées lors de la fusillade, il a été renvoyé devant la cour d'assises en qualité de coauteur des faits qui sont reprochés à Mehdi Nemmouche. Pourtant, pour le procureur, si Nacer Bendrer est bien coupable, il n’est pas coauteur (aide importante, sans laquelle le crime n’aurait pu être commis) mais complice (aide accessoire).  

D’emblée, le procureur précise : pour être complice, il faut savoir à quoi vont servir les armes, mais celui qui évite de savoir à quoi elles vont servir doit aussi être considéré comme complice.

Bernard Michel entreprend la démonstration de la culpabilité de Nacer Bendrer en 7 points :

  1. Nacer Bendrer est un caïd marseillais, "ce n'est pas le bon nounours dont il veut nous donner l'image". Il a déjà écopé de plusieurs condamnations.
  2. Nacer Bendrer a une relation de subordination par rapport à Mehdi Nemmouche. Ils se rencontrent en prison à Salon-de-Provence. Mehdi Nemmouche est déjà en prison depuis deux ans, il a déjà commencé à se radicaliser. Il a un réel ascendant sur les autres détenus, dont Nacer Bendrer, plutôt suiveur. Les deux hommes se sont radicalisés en même temps.
  3. Nacer Bendrer est une vieille connaissance de Mehdi Nemmouche. Pourquoi Mehdi Nemmouche s'est tourné vers Nacer Bendrer pour préparer son attentat ? Il le contacte en avril 2014 pour lui demander une kalachnikov. Ils ne se sont plus vus depuis 3 ans. Pour le procureur, Mehdi Nemmouche " rappelle ses vieux collègues de prison ", car il n’a alors plus aucun ami, après avoir passé un an en prison et 14 mois en Syrie.
  4. Nacer Bendrer connaît bien les armes. Il y a des armes à son domicile et dans le pavillon où il est arrêté. Il baigne dans ce milieu. Kamel Friga, membre de la pègre marseillaise, déclare que Nacer Bendrer a volé un sac plein d'armes. Elles ont toutes été retrouvées dans le pavillon, sauf une : une Kalachnikov à crosse pliable. 
  5. Nacer Bendrer ment inlassablement. Il n’admet connaître Mehdi Nemmouche que lors de sa septième audition. Il affirme ne pas s'y connaitre en armes or les armes retrouvées chez lui étaient toutes prêtes à l'emploi et portaient ses empreintes.
  6. Nacer Bendrer a de nombreux contacts téléphoniques avec Mehdi Nemmouche. La téléphonie le montre. Le lendemain de leur premier coup de fil, Nacer Bendrer débarque à Bruxelles. C'est lors de ce séjour que Mehdi Nemmouche lui demandera une kalachnikov. Quand Mehdi Nemmouche vient à Marseille, son téléphone borne dans des zones proches du domicile de Nacer Bendrer. Enfin, le procureur estime que Nacer Bendrer a en réalité prêté les armes à Mehdi Nemmouche. C'est pour cela que ce dernier revient à Marseille cinq jours après les faits : "Prêté ou vendu, peu importe. Ce qui compte, c'est que Nacer Bendrer a fourni les armes à Mehdi Nemmouche."
  7. Nacer Bendrer a également fourni le revolver Lama à Mehdi Nemmouche. Nacer Bendrer a toujours dit que Mehdi Nemmouche ne lui avait demandé qu'une kalachnikov. Le procureur croit le contraire : le revolver vient de la région marseillaise, et Mehdi Nemmouche n'a pas eu de contact avec un autre fournisseur. 

La défense de Nacer Bendrer aura l'occasion d'exposer sa vision du dossier ce vendredi. Elle aura été précédée par celle de Mehdi Nemmouche qui plaidera ce jeudi. 

 

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