Procès du Musée juif : les 23 éléments qui prouvent la culpabilité de Nemmouche selon les procureurs

Procès du Musée juif : les 23 éléments qui prouvent la culpabilité de Nemmouche selon les procureurs
Procès du Musée juif : les 23 éléments qui prouvent la culpabilité de Nemmouche selon les procureurs - © POOL GEERT VANDEN WIJNGAERT - BELGA

Les jurés du procès de l’attentat du Musée juif assistent, ce lundi et ce mardi, au réquisitoire du parquet. D’emblée et sans surprise, le procureur général Bernard Michel annonce qu’à l’issue de son réquisitoire, il demandera au jury de déclarer les deux accusés -Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer- coupables.

Pour prouver la culpabilité de Mehdi Nemmouche, il suffit, selon le procureur, de suivre le chemin du petit Poucet. "Ce ne sont plus des cailloux qu'il faut suivre, mais bien des briques", affirme Bernard Michel. "Il y a énormément d'éléments solides, poursuit-il. En 25 ans de carrière, je n'ai jamais vu d'accusé qui maintient le silence malgré tous ces éléments". On ne peut pas tout mettre sur le dos du hasard, ajoute-il encore. Vous croyez, vous, qu'il existe un homme au même profil, à la même implantation capillaire, au même nez si fin ? Moi, je n'y crois pas un seul instant. " 

Selon le procureur, 23 éléments prouvent la culpabilité de Mehdi Nemmouche et pourront conduire le jury à avoir une conviction inébranlable :

  1. Mehdi Nemmouche est présent à Bruxelles au moment des faits.
  2. Il n’a pas d'alibi
  3. La femme du propriétaire du logement qu’il occupe dit l’avoir croisé le jour des faits, entre 16 et 17h. Il porte un costume et des sacs noirs et donne l'impression d'être pressé "comme s'il allait rater son bus". 
  4. L'attentat au Musée a lieu à 15h48. Mehdi Nemmouche se connecte à son ordinateur à 16h14. Le déplacement à pied entre ces deux lieux est possible dans ce laps de temps, cela a été démontré par les enquêteurs.
  5. La caméra Geonaute collée à la veste retrouvée sur lui lors de son arrestation correspond au support amovible branché à son ordinateur le jour des faits à 16h17.
  6. La taille et la morphologie du tireur correspondent en tout point à sa taille et à sa morphologie. 
  7. Un homme a effectué un repérage le 23 mai 2014, veille de l’attentat. Des comparaisons ont été faites entre l'homme du 23 mai, le tireur du 24 mai et l'homme arrêté le 30 mai à Marseille à savoir Mehdi Nemmouche. Il s'agit d'une seule et même personne.
  8. La témoin Elise S. l’a formellement reconnu comme étant le tueur, le 4 février dernier.
  9. La fameuse veste bleue dont parlent tous les témoins visuels comportent ses traces ADN (et les siennes seulement) ainsi que des résidus de tirs. La caméra était collée sur cette veste. Un tube de colle a été retrouvé dans sa chambre. Sur ce tube de colle, il n'y a qu'un seul profil ADN, le sien.
  10. La trace de semelle laissée par le tueur sur la porte du local d’accueil du musée correspond parfaitement à ses chaussures (de marque Calvin Klein). Seules deux paires de ce modèle ont été vendues en 2014.  
  11. Les armes retrouvées sur lui lors de son arrestation sont celles qui ont servi à l'attentat. Son ADN a été retrouvé sur la Kalachnikov et ses empreintes papillaires sur le revolver.
  12. La casquette Nike retrouvée dans ses affaires comporte ses traces ADN (et les siennes seulement) et le tueur portait la même.
  13. Dans la vidéo de revendication, on entend les expressions "à feu et à sang" et "le moment venu", des expressions qu’il utilise lors de sa garde à vue. La voix de la vidéo concorde avec sa voix, elle a aussi été reconnue par les ex-otages français en Syrie (les journalistes). Le lieu de la vidéo correspond à la chambre qu’il a louée.
  14. Des traces de chaussures de marque Asics ont été retrouvées sur des sacs poubelles dans son logement. Ces sacs poubelles apparaissent dans les vidéos de revendication. Il était en possession de cette paire de chaussures lors de son arrestation et elle ne comporte qu’un seul ADN : le sien. 
  15. Une photo de revendication a été retrouvée dans l'ordinateur de Mehdi Nemmouche. On y voit un homme cagoulé poser devant un draps avec des inscriptions en arabe et deux armes à côté de lui dont l'une est une Kalachnikov avec une crosse pliable. La musculature de l’homme correspond à la sienne, le revêtement du sol a la même couleur que celui de sa chambre, le tee-shirt de l’homme est identique à celui qu’il portait en vacances en Malaisie, la cagoule correspond à celle qu’on a retrouvé dans ses affaires et qui comporte ses traces ADN (et les siennes seulement).
  16.  Il possède plusieurs numéros de téléphone, actifs sur de courtes périodes à partir d'avril 2014. Avec l'un de ces numéros, il a eu plus de 90 contacts avec Nacer Bendrer. 
  17. Nacer Bendrer a reconnu que Mehdi Nemmouche s'est adressé à lui le 10 avril 2014 pour lui demander une Kalachnikov.
  18. Il montre beaucoup d’intérêt pour les événements du 24 mai 2014. Lorsqu'il vend sa GoPro, il demande aux acheteurs s'ils ont entendu parler de l'attentat au Musée Juif. Lorsqu'il est arrêté, il est en possession de journaux dans lesquels il y a des croix à côté des articles sur l'attentat. Il se jette sur la presse en garde à vue, fait des recherches sur le thème en navigation privée, télécharge des photos de l’appel à témoins,…
  19. L'ordinateur qui a servi à préparer les attentats de Bruxelles (22/03/2016) comporte un enregistrement audio où l’on entend Najim Laachraoui (kamikaze qui s'est fait exploser à l'aéroport) dire : "trancher des têtes pour aider des frères et sœurs et, en priorité, des frères qui ont travaillé comme Nemmouche". 
  20. Il a quitté la Syrie avec son passeport et de l'argent. Or, les djihadistes internationaux qui arrivent en Syrie doivent remettre leur passeport pour éviter les défections à grande échelle. Il a donc probablement quitté le groupe avec son assentiment et avec un nouvel ordre de mission.
  21. Il s’auto-incrimine à plusieurs reprises. À titre d'exemple : lors d'une confrontation avec Nacer Bendrer, il insiste pour dire que Nacer Bendrer n'a rien à voir avec cette affaire. Comment peut-il le savoir si lui-même est innocent ? De plus, plusieurs de ses déclarations crédibilisent son antisémitisme.
  22. Pour commettre ce qu'il a commis, l'auteur devait avoir une fameuse personnalité et une fameuse expérience des armes et des scènes de combat. 
  23. Son attitude ne correspond pas à celle d'un homme innocent. Il a une attitude détachée en garde à vue, il sourit, rigole, fait de l'humour ("Je réponds DAS (Droit au silence)  pour un enfant de la DDASS (enfant placé)". ) Il a baladé le jury pendant tout ce procès.

 

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