Procès du Musée Juif : "la défense de Mehdi Nemmouche est en plein naufrage" (Me Marchand)

Procès du Musée Juif : "la défense de Mehdi Nemmouche est en plein naufrage" (Me Marchand)
Procès du Musée Juif : "la défense de Mehdi Nemmouche est en plein naufrage" (Me Marchand) - © POOL FREDERIC SIERAKOWSKI - BELGA

Ce matin, la dernière partie civile a développé sa plaidoirie dans le cadre du procès de l’attentat contre le Musée juif de Belgique. Me Dounia Alamat et Me Christophe Marchand représentent UNIA, le centre interfédéral pour l’égalité des chances. Ils ont plaidé pendant près de 2h30 pour demander au jury de déclarer Mehdi Nemmouche coupable.

C’est Me Alamat qui a débuté cette plaidoirie. Elle remet tout de suite en cause le droit au silence invoqué par Mehdi Nemmouche. Celui-ci justifie son silence par l’existence de fuites dans la presse et par de supposées manipulations du dossier. Ce droit au silence ne tient pas la route pour l’avocate puisque Mehdi Nemmouche l’invoque dès sa garde à vue, avant même que l’enquête n’ait réellement démarré.

L’avocate s’est également attelée à démonter une affirmation de la défense selon laquelle une photo issue des images de vidéosurveillance aurait été truquée. "C’est grotesque ! Des impressions, ça ne suffit pas" a-t-elle martelé. Une affirmation aussi malmenée par Me Marchand. "Cette photo aurait été truquée pour correspondre au visage de Mehdi Nemmouche et ainsi le piéger. C’est faux ! L’identité de Mehdi Nemmouche n’est pas encore connue lorsque l’appel à témoins est diffusé dans les médias !", rappelle-t-il.

Ce n’est pas le seul argument de la défense mis à mal par Me Marchand. Celui-ci a pointé sept éléments présents dans l’acte de défense rédigé par les avocats de Mehdi Nemmouche. "Tout ce qui est écrit dans cet acte de défense n’est pas vrai. Tout a été annihilé par les débats que nous avons eu dans cette salle d’audience" affirme-t-il.

Un manque de rigueur et de sérieux

Selon Me Marchand, les avocats de Mehdi Nemmouche ont manqué de rigueur et de sérieux. Il a alors utilisé une image qu’il affectionne particulièrement depuis le début de ce procès : "La défense est en plein naufrage. Le radeau a coulé et ils sont maintenant sur une île déserte à attendre le salut".

Pour l’avocat d’UNIA, la défense de Mehdi Nemmouche joue un jeu très grave, celui de l’antisémitisme primaire. Il en veut pour preuve cette petite phrase prononcée par Me Courtoy lorsqu’il se demande comment prononcer le nom de famille de l’une des victimes : "Alexandre Strens ou Alexandre Schtrens, je ne sais pas comment il faut dire…".

Me Marchand a souligné à plusieurs reprises l’objet d’UNIA : "protéger un idéal de civilisation", mais aussi et surtout, maintenir "la cohésion au sein de notre société".

L’avocat a conclu sa plaidoirie en reprenant la dernière phrase de l’acte de défense rédigé par Mes Laquay, Courtoy et Taelman : "Quelle preuve certaine m’a-t-on présenté que c’est bien Mehdi Nemmouche qui a appuyé sur la détente le 24 mai 2014 dans le Musée ?". Me Marchand a répondu en sortant une longue feuille de papier de près d’un mètre et demi : "Nous avons écrit sur cette feuille les 31 preuves qui prouvent la culpabilité de Mehdi Nemmouche" et s’adressant au jury : "Nous vous avons apporté du papier collant, vous pourrez regarder ce tableau pendant votre délibération".

 

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