Procès du Musée Juif : en 2016, la grand-mère de Mehdi Nemmouche renie son petit-fils

Procès du Musée Juif : en 2016, la grand-mère de Mehdi Nemmouche renie son petit-fils
Procès du Musée Juif : en 2016, la grand-mère de Mehdi Nemmouche renie son petit-fils - © IGOR PREYS - BELGA

Les témoins de moralité, les proches des accusés, brillent par leur absence au procès de la fusillade du Musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014. Seule la mère de Nacer Bendrer est venue témoigner en personne. La grand-mère et les autres proches de Mehdi Nemmouche ont produit un certificat médical. Les jurés doivent donc se contenter de la lecture de leurs auditions.

Ils découvrent ainsi les propos de la grand-mère de Mehdi Nemmouche, Tassadit Reski, celle à qui il semble tant tenir, celle qu’il tente de protéger comme il peut. Lors de son audition en 2014, ses mots pour son petit-fils sont cinglants : « Mon petit-fils Mehdi Nemmouche a fait des bêtises, je l’ai vu à la télévision. J’ai fondu en larmes et j’ai failli m’évanouir. Je ne pleure pas pour moi, mais pour les victimes. C’est un déshonneur pour moi et pour la famille, je le renie ».

Sa grand-mère l’accueille pendant 3 semaines à sa sortie de prison, en 2012. Elle ne le reconnaît pas quand il frappe à sa porte. Il porte la barbe et s’est mis à la prière : « je lui ai demandé comment il pouvait faire la prière alors qu’il avait commis des bêtises. Il m’a répondu que ce n’était pas grave. » Elle le décrit comme « gentil, calme et reposé par rapport à avant son passage en prison ».

Il a sali ma famille

À partir de l’âge de 8 ans, Mehdi Nemmouche allait chez sa grand-mère le week-end. Elle estime que son petit-fils a eu une enfance malheureuse. « Il pleurait quand il devait retourner dans sa famille d’accueil à la fin du week-end ». Elle pense qu’il « faisait un complexe d’infériorité parce qu’il n’avait pas de parents ». La mère de Mehdi Nemmouche a abandonné ses trois enfants à la naissance, elle présente des problèmes psychiatriques.

En mars 2014, son petit-fils réapparaît. Il ne porte plus la barbe et est « bien coiffé ». Il est « moins timide et plus souriant ». La grand-mère explique qu’elle était proche de son petit-fils, qu’elle considérait être un « bon garçon ».

Sur les faits qui sont reprochés à son petit-fils, Tassadit Reski répond : « Je suis surprise par ce qu’il a fait, j’ai du mal à l’imaginer tuer des gens, il a sali ma famille ». Elle précise : « J’ai ressenti qu’il avait honte de ce qu’il avait fait et qu’il avait des regrets ».

A la fin de sa deuxième audition, en 2016, lorsque les enquêteurs lui demandent si elle a quelque chose à ajouter, elle conclut : « Je n’ai rien à lui dire. Sa tête est polluée. Je ne peux pas pardonner à ceux qui ont pollué la tête de Mehdi et je ne pardonne pas non plus à Mehdi. »

Cela lui ressemble si peu, des agissements de sang-froid comme ça.

Comme sa grand-mère, l’oncle et les tantes de Mehdi Nemmouche, dont les auditions ont aussi été lues devant la cour, l’ont tous trouvé changé après sa sortie de prison en 2012. « Il faisait des prières et portait la barbe et la djellaba. » Un de ses amis (devant les enquêteurs également) se souvient d’ailleurs qu’à sa sortie de prison en décembre 2012, il crie « Allah Akbar ».

De ces auditions, il ressort que Mehdi Nemmouche reste très discret, même avec sa famille. Il ne donne des nouvelles que très sporadiquement. L’oncle se rend également compte que Mehdi Nemmouche ment à sa famille sur ses occupations ou ses lieux de vie.

A la lecture des témoignages, on constate aussi que la famille d’accueil de Mehdi Nemmouche et sa famille biologique décrivent toutes deux un enfant perturbé ou triste à cause de ses séjours dans l’autre famille. La défense décrit le père d’accueil comme quelqu’un de violent.

Sur les faits, la mère d’accueil précise : « cela lui ressemble si peu, surtout des agissements de sang-froid comme ça ».

La mère de Nacer Bendrer, la seule à la barre

Parmi les proches des accusés, la mère de Nacer Bendrer est la seule à avoir fait le déplacement jusqu’à Bruxelles, la seule à affronter la cour d’assises. Avant même de prononcer un seul mot, l’émotion la submerge. Elle explique : « avec nous, il est très bien. Il aime sortir, le cinéma, les restaurants. Il est dynamique. Ça se passe très bien avec ses frères, il est protecteur avec moi et ses frères. Il fait beaucoup la morale ». « C’est très difficile de le voir ici », poursuit-elle. Elle ne va pas voir son fils en prison, il ne veut pas l’y voir. Elle conclut son témoignage par ces mots : « Je souhaite que mon fils sorte de cette histoire parce qu’il n’a rien à voir avec ça. Je souhaite de tout mon cœur que celui qui a fait ça paie parce que c’est malheureux que des innocents soient morts ».

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