Procès du djihadiste verviétois Tarik Jadaoun: le verdict reporté, il risque la peine de mort en Irak

Le Verviétois Tarik Jadaoun, parti combattre en Syrie en 2014 est jugé en Irak. L'homme âgé de 29 ans risque la peine de mort. Il a plaidé non coupable lors de son procès qui s'est ouvert jeudi à Bagdad et affirmé qu'il s'était "fourvoyé".

Une nouvelle audience a été fixée au 22 mai, la justice irakienne faisant valoir l'absence de représentant diplomatique auprès de l'accusé.

Qui est Tarik Jadaoun?

Après son arrestation, près de Mossoul, il a fait offre de collaboration avec la justice belge. Sans succès jusqu'ici. A Verviers, Tarik Jadaoun conserve des soutiens mais ils restent discrets. Aucun n'a accepté de témoigner publiquement par méfiance à l'égard des médias. La peur de voir leur propos manipulés, déformés. Mais loin des caméras, les langues se sont déliées. 

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Tarik Jadaoun ne connaissait rien à la religion, une proie facile pour les recruteurs

La plupart sont des cousins proches ou lointains et des copains du quartier. Aucun n'approuve les actions de Tarik Jadaoun en Syrie. Ni ses relations avec Abaaoud, l'homme des attentats de Paris. Par contre ils évoquent volontiers le passé familial de Jadaoun à Verviers. Le vécu difficile d'un adolescent malmené entre des parents divorcés. Tout cela disent-ils dans une région sans avenir professionnel pour les jeunes. Tarik Jadaoun a bien trouvé de petits boulots, chez Lidl, dans une jardinerie… où ils auraient laissé plutôt de bons souvenirs dit-on. 

Une lente dérive dans la délinquance et une radicalisation en prison 

L'attirance pour l'argent gagné facilement a fini par l'emporter. Quelques petits vols, de menus trafics. Conséquence, les courts séjours en prison se sont multipliés. Ses proches ont alors vu Tarik Jadaoun changer radicalement. Sans connaître grand chose de la religion, l'adolescent a fini par fréquenter à Verviers une mosquée connue pour ses positions extrêmes. C'était une proie facile pour les recruteurs. Aujourd'hui soulignent ses proches, si procès il y a en Irak, on espère qu'il pourra compter sur un bon avocat, et qu'ils tiendront compte aussi du contexte dans lequel il s'est rendu en Syrie…

L'ambassade belge n'était pas au courant

L'ambassade belge à Amman (capitale de la Jordanie), compétente pour l’Irak, n’a été informée qu'aujourd’hui par note verbale des autorités irakiennes de la tenue ce matin à Bagdad du procès de Tarik Jadaoun. 

"La présence d'un représentant de la Belgique au procès d'un Belge à l'étranger n'est pas obligatoire, ce qui est important c’est que l'intéressé ait pu avoir accès à un avocat s'il le désirait et que les droits de la défense soient respectés", indique-t-elle dans un communiqué. 

En aucun cas, la Belgique ne pourrait intervenir dans le processus judiciaire. La Belgique avait déjà informé les autorités irakiennes de sa position de principe contre l’application de la peine de mort.

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