Procès dit "des hébergeurs": Myria se porte partie civile

Le Centre fédéral estime que le dossier est "très sensible".
Le Centre fédéral estime que le dossier est "très sensible". - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Alors que s'ouvre ce mercredi le "procès des hébergeurs" de migrants, le Centre fédéral de migration Myria a annoncé qu'il se portait partie civile contre neuf des inculpés, poursuivis pour trafic d'êtres humains. "Dans ce dossier, il est question de 95 victimes de trafic soudanaises et érythréennes, dont dix mineures, explique Myria dans un communiqué. Le réseau criminel organisait non seulement des transports clandestins vers le Royaume -Uni via les parkings le long de l’autoroute vers la côte belge, mais aussi des trajets de voyage avec des faux documents vers le Canada."

Le Centre fédéral estime que le dossier est "très sensible" : "cette affaire démontre une fois de plus que les réseaux de trafic sont professionnels et flexibles, par l’exploitation de tous les moyens pratiques et humains à leur disposition." Myria estime d'ailleurs qu'il faut bien faire la part des choses entre les accusations de trafic, qui suppose que les inculpés aient retiré ou visé un avantage patrimonial, et ceux qui ont agi par solidarité. "Dans ce cas on arrive sur le terrain de l’aide (potentiellement) punissable à l’immigration illégale", précise Myria, qui ajoute n'être pas "compétent pour agir en justice" sur ce genre de faits. 

Délimiter davantage l’étendue et les limites concrètes de l'aide humanitaire

Pour démêler les choses, le Centre espère une jurisprudence en matière d'hébergement de migrants. "Il est extrêmement important que les autorités donnent des signaux non-équivoques selon lequel offrir de l’aide humanitaire en hébergeant des migrants est possible, permis et respectable, affirme Myria. Il est tout aussi important que les autorités délimitent davantage l’étendue et les limites concrètes de cette aide humanitaire."

Dans tous les cas, Myria recommande "une approche respectueuse", expliquant que les citoyens qui veulent offrir leur aide humanitaire doivent être "rassurés", tout en essayant de convaincre les migrants qu'ils hébergent de ne pas s'associer à un "processus de trafic".

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