Procès de Montasser Alde'emeh, l'expert en déradicalisation trop proche du djihad

Procès de Montasser Alde'emeh, l'expert en déradicalisation trop proche du djihad
Procès de Montasser Alde'emeh, l'expert en déradicalisation trop proche du djihad - © JOHN THYS - AFP

Ce jeudi s’ouvre à Malines le procès de Montasser Alde’emeh, cet homme d'origine palestinienne qui se présente comme chercheur et expert en matière de radicalisme islamique. Alors qu’il avait créé un centre dont il était le seul intervenant, la justice le soupçonne d’avoir franchi une ligne rouge.

Lundi 11 janvier 2016. Montasser Alde’emeh est interpellé à son domicile de Molenbeek. Son nom est apparu dans le dossier d’un suspect accusé de participation aux activités d’un groupe terroriste. Détenu à la prison d’Anvers cet homme voulait partir en Syrie. Il tente alors de sortir de prison en produisant devant la chambre du conseil d’Anvers une attestation. Elle est signée par "l’expert" Montasser Alde’emeh. L'homme aurait suivi un cycle destiné à le déradicaliser.

Alde’emeh aurait produit un faux

Mais l’enquête va démontrer qu’il s’agit d’une attestation de complaisance. Pour la justice, il s’agit d’un faux, ce qui vaut à Montasser Alde’emeh une inculpation. L'expert a reconnu rapidement qu’il avait été trop loin. "Je n'aurais pas dû faire ça, cela a été une période difficile pour moi" déclarait-il en juillet dernier.

Depuis son inculpation, l’homme connu surtout dans le nord du pays, a mis un terme à ses activités. Il estime toujours qu’il faut agir pour prévenir les départs en Syrie mais, dit-il c’est une prérogative qui appartient aux autorités publiques.

Un collaborateur de la Sûreté ?

En juillet dernier, Montasser Alde'emeh, très prisé des médias flamands assurait au journal De Morgen, travailler pour la Sûreté de l'Etat belge. Il aurait reçu une invitation en ce sens après s’être rendu en 2014 en Syrie pour discuter avec un combattant flamand dans les rangs du front Al-Nosra.

"Ils (les membres de la Sûreté ndlr) étaient intéressés par mes contacts et ma documentation. Si je ne m'étais pas proposé spontanément. " Il ajoutait alors qu’il ne travaillait plus pour eux.

Le secret demeure sur ce que représentait exactement Montasser AlDe'emeh pour la Sûreté de l'Etat. Il a prétendu pendant un an et demi avoir de l'empathie pour les combattants du groupe terroriste Etat islamique (EI). "Mais via moi, ils étaient directement en contact avec la Sûreté de l'Etat." Mais depuis les attentats du 22 mars, Montasser Alde’emeh assure ne plus travailler pour la Sûreté de l’Etat.

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