Procès De Gelder: une puéricultrice, incapable de témoigner, est hospitalisée

Témoignages empreints d'émotion des puéricultrices au procès Kim De Gelder, ce mercredi: si la plupart seront présentes pour témoigner, Katja V. n est pas là. "Trop difficile pour elle. Même 4 ans après les faits, elle a encore du mal à en parler" a expliqué son avocate qui a fait lire son témoignage. Elle a rajouté que sa cliente "ne se reconnaît plus, elle est pleine de remords, ne dors presque plus, n'a plus de travail et de gros problèmes financiers".

Le président de la cour d'assises Koen Defoort et ses assesseurs ont lu les déclarations de la femme. "Je ne suis pas blessée physiquement mais bien mentalement", avait déclaré la puéricultrice durant l'enquête. "Je ressentais un sentiment énorme de culpabilité. Bien que je sois allée chercher de l'aide, j'ai tout de même le sentiment d'avoir abandonné les enfants."

 

 

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Témoignage devant la cour © RTBF

"Pourquoi avoir fait cela?"

Hilde D. prend alors la parole et regarde Kim De Gelder dans les yeux; il l' évite. Elle lui redemande de le regarder dans les yeux. "Pourquoi avoir fait cela?" Kim De Gelder préfère ne pas répondre. Il baisse les yeux.  L'audition de Hilde D. sera suivie par les autres membres du personnel de la crèche.

Rita V., l'une des puéricultrices grièvement blessée par Kim De Gelder, a déclaré mercredi devant la cour d'assises de Gand toujours ressentir un sentiment de culpabilité. Elle se sent ainsi coupable de ne pas avoir pu en faire plus le jour des faits pour les autres enfants de la crèche de Termonde. "Je suis désolée de ne pas avoir pu en faire plus ce jour-là", a-t-elle dit à l'issue de son témoignage.

Rita V. a également expliqué ce qu'elle avait vécu le jour où Kim De Gelder a fait irruption dans la crèche. Elle a raconté que l'accusé lui avait demandé des renseignements dans le couloir de la crèche et qu'il l'a ensuite menacée avec son couteau. Elle a détaillé la manière avec laquelle le jeune homme l'avait conduite à la cuisine, où il a alors assassiné une autre puéricultrice. Rita V. a réussi à s'échapper et a ensuite notamment essayé d'alerter d'autres gardiennes. Mais Kim De Gelder l'a poursuivie dans le bâtiment. "J'ai soudain entendu un enfant pleurer", a-t-elle expliqué. "J'ai vu qu'il se dirigeait vers lui. Je me suis interposée. C'était mon petit-fils, mais je ne l'avais pas remarqué. Je me suis alors retranchée dans une autre pièce, où se trouvait encore, à ma connaissance, un autre enfant. J'ai ensuite bloqué la porte."

 

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Un dessin montrant la cour, ce mercredi © IGOR PREYS - Belga

"Venez s'il vous plaît. Il y a ici un fou et il poignarde tous mes enfants." Voilà ce qu'a déclaré Sabrina L., l'une des puéricultrices de la crèche de Termonde, lors de son appel aux services d'urgence le jour des faits, a-t-elle indiqué mercredi à la cour d'assises de Gand. Kim De Gelder ne semblait pas paniqué et a quitté la crèche sans mettre en œuvre la totalité de ses plans d'assassinats, a-t-elle témoigné.

"J'espérais qu'il allait rester loin de nous", a expliqué Sabrina L. "Je l'ai vu entrer par la porte et j'ai appelé les enfants. Je me suis retournée et j'ai alors vu qu'il avait poignardé un enfant au niveau du cou. J'ai alors pensé: 'ce jeune homme a perdu la tête'."

Kim De Gelder a ensuite projeté une enfant contre une porte en la frappant du pied, explique la puéricultrice. "Il l'a frappée comme l'on tire dans un ballon", a-t-elle lancé. Il ne semblait pas paniqué, a-t-elle poursuivi. "Il était très calme. Il a expliqué que les enfants se trouvaient sur son chemin lorsqu'il a voulu sortir de l'établissement, mais il ne devait pas passer par l'espace de jeu pour sortir. (...) Plus rien n'est comme avant. Je ne me sentirai bien et en sécurité que quand il ne sera plus là", a enfin déclaré la puéricultrice au sujet de l'accusé.

RTBF, avec Belga

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