Procès De Gelder: les psychologues dénoncent les dérives du procès

Kim De Gelder a été condamné fin mars à la perpétuité, une condamnation aujourd'hui définitive. Le délai de cassation est en effet dépassé.

Les psychologues Nathalie Laceur et Geert Hoonaert ont attendu ce moment pour sortir du bois. Ils ont rédigé un manifeste et ont déjà rassemblé autour de leur texte plus de 100 signataires, flamands et francophones : des artistes de renom, des académiques, que ce soit du droit ou des sciences du comportement, des avocats, etc. On y retrouve, entre autres, Tom Lanoye, Luc Dardenne, Philippe Mary (professeur de criminologie à l'ULB), Etienne Vermeersch (vice-recteur honoraire de l'université de Gand), Thierry Moreau (avocat de Michelle Martin), Karel Van Cauwenberge (président de l'association des juges d'instruction) ainsi que les professeurs de psychologie Philippe Fouchet (ULB) et Philippe Van Meerbeeck (UCL).

"Si nous avons écrit ce manifeste, c'est parce que nous estimons que ce procès a atteint à l'intégrité de la psychiatrie. Je suis pour l'éthique de la psychiatrie : être à la recherche, sans a priori, d'un sujet. Qui est-il? Pour le faire, il faut écouter, éventuellement se renseigner auprès des proches", explique Nathalie Laceur.

Dans leur "manifeste pour une approche digne des malades mentaux, auteurs de faits criminels", les deux psychologues plaident pour le respect d'une "justice digne de ce nom" et le recours à la psychiatrie judiciaire "comme discipline purement clinique qui, hors de tout jugement moralisant, vise à cerner la cause psychique du crime, à identifier et décrire le processus pathologique et à resituer l'acte délictueux au coeur de ce processus."

Selon eux, le procès de Kim De Gelder a "mis en scène, une image peu honorable de la justice et de la psychiatrie."

Belga

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