Procès d'une filière djihadiste: les prévenus avancent des activités "humanitaires"

Un procès de recruteurs pour le djihad débute ce lundi matin à Bruxelles, avec 31 prévenus au total. Ils sont poursuivis pour appartenance à une organisation terroriste. Parmi ces prévenus : Khalid Zerkani, déjà condamné en juillet dernier à 12 ans de prison, pour des faits similaires.

Ce procès met en lumière le contenu d'une longue enquête, qui trouve son origine lors de dizaines de perquisitions dans plusieurs villes du pays en février 2014. Il s'agit ici de comprendre comment autant de jeunes de nos quartiers ont pu se laisser prendre au piège du discours radicaliste. Comprendre aussi comment Zerkani et ses lieutenants s'y prenaient pour endoctriner, pour isoler les jeunes, pour les amener à déserter l'école, à les détourner de leurs parents, de leurs amis.

Sur les 31 prévenus concernés par ce procès, un quart sont considérés comme des organisateurs par l’accusation, dont Khalid Zerkani. Il risque jusqu’à 15 ans de prison. Les autres sont considérés comme des participants qui s’apprêtaient à partir dans les zones de combat en Irak ou en Syrie. Ils risquent eux jusqu’à cinq ans de prison.

Certains prévenus sont toujours en Syrie aujourd’hui. "Il y a environ un tiers des personnes poursuivies qui seront absentes parce qu'elles sont encore en Syrie. Certaines seraient d'ailleurs encore sur place. Il y aura donc une vingtaine de personnes physiquement présentes à l'audience" a précisé ce matin Sébastien Courtoy, avocat de certains prévenus, sur les ondes de la Première. Ils seront jugés à Bruxelles, mais par défaut.

A l'exception de Zerkani, les prévenus présents comparaissent libres

A l'exception de Khalid Zerkani, les prévenus qui sont présents ce lundi comparaissent libres.

Zerkani lui-même ne sera pas resté longtemps dans la salle d'audience. Pour une question de procédure, il sera entendu plus tard cette semaine.

A entendre le premier prévenu, un jeune homme revenu de Syrie, les autres semblent avoir reçu comme consigne d'en dire le moins possible et de mettre en avant une activité de type humanitaire dans une organisation fréquentable pour l'Occident, l'armée syrienne libre. Confronté à des écoutes téléphoniques révélant qu'il a affirmé avoir égorgé un prisonnier, le prévenu répond: "Oui, j'étais là, j'ai assisté à l'exécution, mais je n'ai pas participé". "Pourquoi avoir acheté une arme pour faire de l'humanitaire?" lui demande encore la présidente du tribunal. Ce à quoi il répond: "Parce que là-bas, tout le monde est armé".

Dans sa composition et dans sa forme, ce procès qui s’ouvre ressemble à celui qui a déjà eu lieu en juillet 2015, procès au cours duquel Abaaoud et Akrouh, deux assaillants des attentats de Paris, étaient poursuivis aux côtés de Zerkani.

Ce second procès, en raison du nombre de prévenus, devrait se terminer autour du 10 mars.

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