Procès Charlie Hebdo et Hyper Cacher : un dessinateur couvre le procès pour Charlie Hebdo

La couverture du procès par le dessinateur François Boucq
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La couverture du procès par le dessinateur François Boucq - © Charlie Hebdo

C’est un homme discret qui parle doucement. C’est aussi un dessinateur hors pair. Collaborateur ponctuel de Charlie Hebdo, il a été choisi par la rédaction pour couvrir le procès. Chaque jour, un compte rendu dessiné sera publié sur le site web du journal satirique. Chaque semaine, une page dans l’édition papier du journal. Rencontre avec François Boucq.

Nous le retrouvons après la première journée d’audience. Dans les couloirs du tribunal judiciaire de Paris, il y a du monde partout. Des journalistes, des policiers, des badauds aussi qui sont venus écouter et voir les personnes dans le box des accusés.

François Boucq était ami avec Cabu, un des dessinateurs tués dans l’attaque. C’est en pensant à lui et à tous les autres dessinateurs qu’il va se rendre chaque jour au procès. "Je vais dessiner les choses comme je les vois". Il ne dit ne pas porter une charge émotionnelle trop lourde, mais s’attend à être dépassé par les émotions des familles, des rescapés. "Cela risque de me toucher parce que je suis dessinateur et ce sont des dessinateurs qui ont été attaqués parce qu’ils étaient dessinateurs".

Un dessin, un risque ?

Le dessinateur admet réfléchir à l’impact de ses dessins. Surtout dans ce procès. "Parfois, on se restreint sur ce qu’on va dessiner. Et ça, ça peut poser un problème", admet-il avant d’ajouter : "C’est un bon gag, mais je ne vais pas le faire parce que je risque encore…".

Mais le dessinateur ne veut pas s’autocensurer. "Parfois, il faut se faire violence, mais il faut le faire, il faut prendre le risque même si on se pose à chaque fois la question", précise-t-il.

Tout ça pour ça

Pour le premier jour du procès, la rédaction de Charlie Hebdo a décidé de republier les caricatures qui ont mis le feu aux poudres. François Boucq complète : "Ces dessins, c’est finalement peu de chose". Et de réaffirmer les valeurs étendards du journal satirique, la liberté d’expression. "En France, il n’y a aucune loi qui nous empêche de nous exprimer sur le terrain de la politique et de la religion. C’est justifier que l’on s’exprime sur ces domaines indépendamment de ceux qui sont contre". Et de conclure : "A partir du moment où il y a des fusils, il n’y a plus d’idées".

À l’issue du procès, les dessins de François Boucq et les textes de l’écrivain Yannick Haenel seront rassemblés dans un livre. Un livre qui témoignera de l’attentat, mais aussi du procès.

JT du 02/09/2020

Charlie Hebdo : ouverture d'un procès "hors normes"

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