Procès Charlie Hebdo et Hyper Cacher : quelles peines encourent les accusés ?

Procès Charlie Hebdo et Hyper Cacher : "Ce n'est pas le procès des seconds couteaux"
Procès Charlie Hebdo et Hyper Cacher : "Ce n'est pas le procès des seconds couteaux" - © Tous droits réservés

Un procès historique s'est ouvert ce mercredi devant la cour d’assises spécialement composée de Paris, le procès des attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo et contre l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Des attentats qui ont semé la mort et la panique entre le 7 et le 9 janvier 2015. Les auteurs, Saïd et Cherif Kouachi ainsi qu’Amedy Coulibaly sont morts. Sur le banc des accusés, se retrouvent 14 personnes (dont 11 seulement sont présentes) accusées d’avoir apporté leur soutien logistique aux trois terroristes.

Ce qu’il faut retenir de cette première journée d’audience

La matinée a été consacrée à des éléments techniques de procédure. Elle a toutefois déjà permis une première passe d’armes entre la défense et les parties civiles. Me Isabelle Coutant-Peyre, avocate d’Ali Riza Polat, celui qui est considéré comme le complice d’Amédy Coulibaly, a pris la parole pour demander que les hommes sur le banc des accusés ne deviennent pas des boucs émissaires. Elle va même plus loin : "Je compatis avec la souffrance des victimes. Mais je veux dire que tout ceci ne se serait pas passé si les services de renseignements et de surveillance avaient été sérieux". Une phrase qui sera qualifiée d’indécente et d’odieuse par plusieurs avocats des parties civiles.

Durant l’après-midi, la synthèse du dossier a été lue par le président de la cour d’assises spécialement composée et par son premier assesseur. Cette lecture a duré plus de trois heures. Elle résume 171 tomes de procédure. C’est lors de cette lecture que le premier moment d’émotion s’est fait ressentir. Lorsque le président entame la liste des membres de la rédaction de Charlie Hebdo décédés sous les balles des frères Kouachi, certaines parties civiles ont du mal à retenir leurs émotions. Certaines personnes quittent la salle d’audience. Le président fait alors une erreur et cite "François Charbonnier". La mère du dessinateur quitte la salle en pleurant et souffle "C’est Stéphane !".

Une cour masquée

Un point sur lequel la défense et les parties civiles se rejoignent, c’est le masque, obligatoire au sein du tribunal et au sein de la salle d'audience vu la crise sanitaire actuelle. À la reprise d’audience, le président a fait un rappel à l’ordre et a demandé aux avocats de garder leur masque lors de leurs prises de paroles. Une demande qui a soulevé les protestations des avocats qui demandent à pouvoir plaider sans masque. De même que les accusés puissent s’exprimer sans masque. Une avocate de la défense estime même que le port du masque contrevient aux droits de la défense. Le président a renvoyé la question au bâtonnier du barreau de Paris.

Quelles peines encourent les accusés ?

Onze accusés encourent vingt ans de réclusion criminelle dont les deux Carolos. Christophe Raumel, le seul accusé qui comparait libre aujourd'hui et le seul aussi pour lequel le motif de terrorisme n'est pas retenu, encoure dix ans de réclusion criminelle. Finalement, deux accusés encourent la réclusion à perpétuité. Il s'agit d'Ali Riza Polat, considéré comme le complice d'Amédy Coulibaly. Ainsi que Mohamed Belhoucine, présumé mort, mais considéré comme le sachant religieux qui a guidé Amédy Coulibaly dans sa pratique religieuse.

 

Suivez cette audience en direct

Procès Charlie Hebdo et Hyper Cacher

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK