Procès Buizingen : la défense du conducteur produit un nouveau rapport d'expertise

Qui est responsable de l'accident ferroviaire survenu à Buizingen en Brabant flamand ? Qui est responsable de cette collision qui a fait 19 morts et plus de 300 blessés le 15 février 2010 ? Sur le banc des prévenus, la SNCB et Infrabel. Les deux opérateurs sont poursuivis pour négligence en matière de sécurité. Et l'un des deux conducteurs de train, suspecté lui d'avoir brûlé un feu rouge.

Un feu défaillant plutôt qu'une erreur humaine

Le procès s'est ouvert début de l'année, avec notamment l'exposé du rapport des 5 experts mandatés par le parquet. Pour eux aucun doute : le conducteur a bel et bien brûlé un feu rouge. Mais voila que la défense du conducteur produit désormais une contre expertise sur les circonstances de la collision. Un rapport réalisé par un professeur d'université émérite de l'ULB. Quelqu'un de spécialisé en électromécanique et qui a longuement travaillé sur le système de freinage automatique des trains, le fameux TBL1+. Conclusion : le conducteur du train n'aurait peut être pas franchi un feu alors qu'il était au rouge.

Mais qu'il s'agirait plutôt d'un disfonctionnement technique du feu, lequel était au vert alors qu'il aurait du être au rouge et avertir d'un danger imminent. "Avec tout le respect que j'ai pour ce professeur d'université de 83 ans, tous les experts qui ont participé au premier rapport nous disent qu'il n'est pas compétent pour poser un avis éclairé" indique Laurent Kennes, l'un des avocats d'Infrabel qui est aussi partie civile à ce procès.

Accusation de sabotage

Pour tenter de démontrer l'innocence de leur client, les avocat du conducteur de train développeront aussi d'autres arguments. Il sera notamment fait état de l'intrusion d'un travailleur d'Infrabel dans la cabine de signalisation juste après l'accident. Avec comme objectif de saboter les données enregistrées lors de la collision.

Une affirmation qui a le don d'agacer Laurent Kennes pour lequel il s'agit "d'élucubrations et d'accusations extrêmement graves". Voila qui promet des débats animés. Ce lundi, place au réquisitoire de l'avocat général. Suivront les plaidoiries de la défense et des parties civiles. Le jugement lui n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

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