Prix Nobel: la Belgique a déjà été honorée dix fois par le passé

Prix Nobel: les dix Belges qui l'avaient reçu avant François Englert
Prix Nobel: les dix Belges qui l'avaient reçu avant François Englert - © Nobelprize.org

S'il lui a échappé en 2012, le prix Nobel pourrait échoir cette à François Englert (ainsi qu'à Higgs et Brout pour leurs travaux sur le boson BEH). Quoi qu'il en soit, plusieurs de nos compatriotes ont reçu le Prix Nobel de par le passé. Scientifiques, écrivains, humanistes,... Voici un rapide rappel de qui ils étaient et du pourquoi ils furent honorés en leur temps.

1904 : Prix Nobel de la Paix pour l’Institut de Droit International

Cette institution qui se définit elle-même comme "une association exclusivement scientifique et sans caractère officiel" s’est fixé pour mission de "favoriser le progrès du droit international".

L’institut vise notamment à contribuer, "par des publications, par l'enseignement public et par tous autres moyens, au triomphe des principes de justice et d'humanité qui doivent régir les relations des peuples entre eux".

Fondée en 1873, l’Idi est récompensée du Prix Nobel de la Paix en reconnaissance de son action en faveur de l'arbitrage entre Etats, moyen pacifique de règlement des conflits.

1909 : Prix Nobel de la Paix pour Auguste Beernaert 

Membre du Parti catholique, cet avocat de formation né à Ostende en 1829, fut nommé ministre des Travaux publics en 1873. Il y sera notamment l’initiateur d’importants travaux dans les ports d’Anvers et d’Ostende ainsi que de travaux de développements du réseau ferroviaire belge.

Dès 1884, il est appelé à prendre la tête du gouvernement (devenant alors Chef de Cabinet, équivalent du Premier ministre actuel). Suite aux violentes émeutes sociales de 1886, il fait voter les premières " lois sociales " (création d’organes de concertation sociale et interdiction du truck system). Dès 1889, de nouvelles avancées législatives sont entérinées sur le travail des femmes et des enfants ainsi que sur le salaire minimal et le logement des ouvriers.

Son gouvernement fait appel à l’armée pour réprimer la grève générale de 1893 déclenchée par les socialistes pour obtenir le suffrage universel. Finalement, le suffrage universel masculin fut bel et bien adopté par son cabinet mais tempéré par le vote plural (chaque homme de plus de 25 ans avait le droit de vote mais certains privilégiés disposaient de deux voire trois voix).

1911 : Prix Nobel de Littérature pour Maurice Maeterlinck

Diplômé en droit, Maurice Maeterlinck publie d’abord des poèmes dans la revue "La Jeune Belgique" avant d’écrire des essais et autres pièces de théâtre. Parmi ces dernières, relevons "Pelléas et Mélisande", l’une des œuvres marquantes du courant symboliste de la fin du 19ème siècle.

Ce natif de Gand, qui écrit dans la langue de Molière est notamment l’auteur du recueil de poésie "Serres chaudes" en 1889.

Mais son succès le plus retentissant reste "L’Oiseau bleu", une pièce qui sera jouée partout dans le monde et a pesé un poids non négligeable dans l’attribution du Nobel de 1911.

1913 : Prix Nobel de la Paix pour Henri La Fontaine

Ce Docteur en Droit de l’ULB né en 1854 rejoint officiellement le Parti Ouvrier Belge (ancêtre du Parti Socialiste) dès 1894. Il deviendra alors sénateur et portera avec opiniâtreté ses idéaux sur l’accès à l’éducation, les droits des femmes et le pacifisme.

Ces prises de position progressistes et pacifistes lui vaudront de recevoir le prestigieux Nobel de la Paix.

Dès 1890, il avait, avec Paul Otlet, publié un "Essai de bibliographie de la paix" et cinq ans plus tard, ils créent l’Institut International de Bibliographie, le futur Mundaneum. Il y contribue notamment à la mise au point du système de Classification Décimale Universelle (CDU).

1919 : Prix Nobel de Médecine pour Jules Bordet

Devenu docteur en médecine en 1892, cet immunologiste parviendra à observer les globules blancs et leur phagocytage des bactéries dès 1894, dans le cadre de travaux effectués pour l’Institut Pasteur de Paris.

Il fonde en 1900 l’Institut Pasteur de Bruxelles. Il y réalisera des découvertes fondamentales en termes d’immunologie permettant notamment de développer des tests de dépistage de la syphilis puis de nombreuses autres maladies.

En 1906, il parvient en collaboration avec Octave Gengou, à isoler une bactérie qui sera nommée "bacille de Bordet-Gengou" et il arrive à la conclusion que celle-ci provoque la coqueluche.

Ce sont ses travaux sur les mécanismes de l’immunité qui lui valurent d’être récompensé du Nobel de Médecine en 1919.

1938 : Prix Nobel de Médecine pour Corneille Jean-François Heymans

Ce toxicologue de grand talent fut à l’origine de nombreuses découvertes essentielles à sa discipline comme les chimiorécepteurs ou les barorécepteurs.

Mais ce sont surtout ses travaux concernant les mécanismes du fonctionnement des "sinus carotidiens" et donc du rôle de la respiration dans la composition du sang et de ses interactions avec le système cardiaque.

Le Prix Nobel de Médecine lui est en effet officiellement attribué "pour la découverte du rôle joué par le sinus et les mécanismes aortiques dans la régulation de la respiration".

1958 : Prix Nobel de la Paix pour le Père Dominique Pire

Ce père dominicain est le fondateur du Service d’Entraide Familiale mais aussi de l’association "Aide aux personnes déplacées" mise en place pour venir en aide aux réfugiés, de l’Université de la Paix (active dans le domaine de la prévention et de la gestion des conflits) et des Iles de Paix qui viennent en appui de projets de développement dans des pays du Tiers-Monde.

A la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, il initie la construction de villages en Allemagne et en Autriche pour aider les réfugiés de ces pays vaincus à se loger. Pacifiste convaincu, il est persuadé qu’il ne peut y avoir de paix sans éradiquer le pauvreté

Né en 1910, il meurt en 1969 mais les quatre organisations précitées lui ont survécu jusqu’à ce jour.

1974 : Prix Nobel de Médecine pour Christian de Duve et Albert Claude

Christian de Duve fut chercheur à la prestigieuse Rockfeller University de New York, ce chimiste, docteur en médecine, a permis à la recherche en biochimie et en génétique de réaliser un bond qualitatif de par ses recherches.

On lui doit la première description du lysosome en 1955. Une décennie plus tard, il fait de même avec le peroxysome C’est ce travail qui lui permet notamment de partager le prix Nobel de médecine avec son compatriote Albert Claude.

Ce dernier, issu d’une famille ardennaise de condition modeste, diplômé de l’Université de Liège, est devenu un illustre biochimiste.

Il a, entre autres, mis à jour la nature, la composition chimique et la fonction du cytoplasme dans la cellule.

Devenu en 1949 directeur scientifique de l’Institut Jules Bordet, il fera de cet institut (aujourd’hui rattaché à l’ULB) une institution reconnue au niveau international.

Il fut le professeur de Christian de Duve et George Emil Palade, avec lesquels il partage donc le Prix Nobel de Médecine de 1974 pour "leurs découvertes concernant l'organisation structurelle et fonctionnelle de la cellule".

1977 : Prix Nobel de Chimie pour Ilya Prigogine

Natif de Moscou, ce scientifique belge d’origine russe, décédé en 2003 à l’âge de 86 ans, a réalisé ses études de chimie à l’Université libre de Bruxelles.

Après avoir émigré en Allemagne, c’est pour fuir le nazisme (il est de confession juive) qu’il s’exile en Belgique.

Scientifique touche-à-tout, il étudie la psychologie, la biologie, la chimie, la biochimie avant de se plonger dans la physique des particules ce qui le mènera à l’astrophysique puis à la cosmologie.

C’est via l’étude des questions fondamentales que sont la matière, le vide et le temps qu’il sera amené à développer cette approche pluridisciplinaire. C’est notamment pour comprendre le sens unique du temps (la "flèche du temps") qu’il se met à étudier les structures dissipatives.

Son Prix Nobel lui est d’ailleurs décerné pour ses travaux sur "la théorie des structures dissipatives".

2007: Prix Nobel de la Paix pour le GIEC

Notons encore qu'en 2007, le GIEC (Groupe intergouvernemental d'étude sur le changement climatique) a été honoré avec Al Gore, pour ses "efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'Homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements".

Or, comme vous le savez, le vice-président du GIEC n'est autre que le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele, spécialiste de renommée internationale dans la simulation des changements climatiques.

Ju. Vl.

 

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