Prix des télécoms: "Le duopole belge crée des distorsions de concurrence"

Depuis le 15 juin, le roaming, c'est fini en Europe. Cependant, les prix des télécoms restent assez élevés chez nous, par rapport à nos voisins, et vous étiez nombreux à solliciter ce sujet dans le traditionnel sondage Facebook sur la page d'A Votre Avis. Pour discuter de ce sujet, Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats, fait face au CEO d'Orange, Michaël Trabbia.

"Il y a un mécontentement qui n’est plus latent, qui s’exprime sur les réseaux sociaux, un peu partout", avance Jean-Philippe Ducart. "C’est clair que le consommateur, lorsqu’il voit les publicités aux Pays-Bas ou en France, et qu’il compare, il est insatisfait en termes de tarifs. C’est parfois jusqu’à deux fois plus cher qu’en France, 50% plus cher qu’en Allemagne ou aux Pays-Bas."

Du côté d'Orange, Michaël Trabbia insiste sur la différence entre le marché du mobile, où les prix sont selon lui dans la moyenne, et le marché du fixe. Car c'est là, principalement, que le bât blesse : internet et la télévision. Pourquoi ? "Il n’y a que deux joueurs, et la Belgique fait figure d’exception en Europe. Et on voit que quand il n’y a que deux opérateurs, les prix montent, augmentent chaque année et pèsent sur l’inflation, ce qui au final pénalise les Belges", explique le CEO d'Orange. "C’est notre ambition de pouvoir baisser les prix et c’est pour ça que nous sommes rentrés sur ce marché l’an dernier, grâce à l’ouverture de la régulation du câble. Nous utilisons aujourd’hui le réseau de VOO au sud et de Telenet au nord. Nous avons une politique tarifaire qui est plus agressive que nos concurrents, à peu près 20% moins cher."

Le duopole Proximus - VOO, origine de tous les maux ?

Le marché est aujourd'hui contrôlé par deux opérateurs au sud du pays : Voo et Proximus (Voo étant remplacé par Telenet au nord). En effet, si Orange peut proposer des services internet à ses clients, le groupe français reste tributaire des prix opérés par les deux autres, et surtout par VOO : Orange doit payer la location du réseau, qui appartient à VOO. "Les prix auxquels nous accédons à ce réseau ne nous permettent pas de nous différencier singulièrement.  Si les trois opérateurs fixes augmentent leur prix au détail, ça fait automatiquement monter le prix que nous leur payons pour la location de leur réseau.", explique Michaël TrabbiaOrange, entre le marteau et l'enclume? Jean-Philippe Ducart est en tout cas clair : "La situation de duopole n’est pas acceptable. Lorsqu’on voit qu’il y a deux acteurs dominants, ça crée des anomalies, des distorsions de concurrence. Depuis 5 ans, ils continuent d’augmenter le prix de leurs packages internet sans que ça ne perturbe la bonne sérénité du marché. Ça pose quand même question, pour un marché qui est libéralisé depuis 1998."

Ce marché ne serait-il pas bloqué aussi par des ententes entre opérateurs sur les prix à facturer? Non, se défend Michaël Trabbia suite à l'interpellation d'un téléspectateur. "On ne s’entend pas du tout sur les prix avec nos concurrents, on est arrivés très récemment et on a bousculé un certain nombre de nos concurrents. Et pour ce qui nous concerne, je peux vous dire que nous n’allons pas augmenter nos prix des forfaits mobiles. De même, je m’étais engagé aussi, pour 2017,  à ne pas augmenter nos tarifs pour la téléphonie fixe, même si les prix que nous payons pour la location vont être en hausse."

Participation de l'Etat et conflits d'intérêts

Autre problème majeur au sein du secteur des télécoms soulevé par Jean-Philippe Ducart: Proximus appartient toujours en partie à l'Etat, là où la majorité des autres pays ont privatisé les opérateurs, insiste Michaël Trabbia. Conséquence, ça "crée des conflits d’intérêt", souligne le porte-parole de Test-Achats. "VOO, Proximus, ce sont des opérateurs dans lesquels siègent l’Etat ou les collectivités locales. Lorsqu’on verse un dividende de 250 millions d’euros à l’Etat dans le chef de Proximus, forcément, l'Etat ne veut pas que les tarifs soient trop intéressants. Il n’a pas intérêt à ce que les prix baissent. C’est pour ça que nous plaidons depuis plusieurs années pour que l’Etat se retire au moins progressivement."

Le duopole Proximus - VOO, origine de tous les maux ?

Le marché est aujourd'hui contrôlé par deux opérateurs au sud du pays : Voo et Proximus (Voo étant remplacé par Telenet au nord). En effet, si Orange peut proposer des services internet à ses clients, le groupe français reste tributaire des prix opérés par les deux autres, et surtout par VOO : Orange doit payer la location du réseau, qui appartient à VOO. "Les prix auxquels nous accédons à ce réseau ne nous permettent pas de nous différencier singulièrement. Si les trois opérateurs fixes augmentent leur prix au détail, ça fait automatiquement monter le prix que nous leur payons pour la location de leur réseau.", explique Michaël Trabbia. Orange, entre le marteau et l'enclume? Jean-Philippe Ducart est en tout cas clair : "La situation de duopole n’est pas acceptable. Lorsqu’on voit qu’il y a deux acteurs dominants, ça crée des anomalies, des distorsions de concurrence. Depuis 5 ans, ils continuent d’augmenter le prix de leurs packages internet sans que ça ne perturbe la bonne sérénité du marché. Ça pose quand même question, pour un marché qui est libéralisé depuis 1998."

Ce marché ne serait-il pas bloqué aussi par des ententes entre opérateurs sur les prix à facturer? Non, se défend Michaël Trabbia suite à l'interpellation d'un téléspectateur. "On ne s’entend pas du tout sur les prix avec nos concurrents, on est arrivés très récemment et on a bousculé un certain nombre de nos concurrents. Et pour ce qui nous concerne, je peux vous dire que nous n’allons pas augmenter nos prix des forfaits mobiles. De même, je m’étais engagé aussi, pour 2017, à ne pas augmenter nos tarifs pour la téléphonie fixe, même si les prix que nous payons pour la location vont être en hausse."

Participation de l'Etat et conflits d'intérêts

Autre problème majeur au sein du secteur des télécoms soulevé par Jean-Philippe Ducart: Proximus appartient toujours en partie à l'Etat, là où la majorité des autres pays ont privatisé les opérateurs, insiste Michaël Trabbia. Conséquence, ça "crée des conflits d’intérêt", souligne le porte-parole de Test-Achats. "VOO, Proximus, ce sont des opérateurs dans lesquels siègent l’Etat ou les collectivités locales. Lorsqu’on verse un dividende de 250 millions d’euros à l’Etat dans le chef de Proximus, forcément, l'Etat ne veut pas que les tarifs soient trop intéressants. Il n’a pas intérêt à ce que les prix baissent. C’est pour ça que nous plaidons depuis plusieurs années pour que l’Etat se retire au moins progressivement."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir