Prison de Haren : le dernier combat des opposants

De manifestations en occupations, les opposants à la construction de la prison sont mobilisés depuis plusieurs mois
De manifestations en occupations, les opposants à la construction de la prison sont mobilisés depuis plusieurs mois - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le chantier de la prison de Haren sera l'un des plus importants de la capitale dans les prochaines années. Ce mardi, il entre dans une phase préparatoire, avec des analyses de sol. Mais une vingtaine d'opposants campent toujours sur le site. Cela fait près d'un an qu'ils ont planté leurs tentes là-bas. Chaque jour, ils se relaient pour occuper le terrain, et dire non à la future la prison.

Protéger le site à tout prix

"Moi je ne suis pas contre le fait de construire une prison", nous explique Rudy Bertrand, l'un des militants. "Mais ce n'est pas le bon endroit. Il y a des friches industrielles qui peuvent être utilisées. Ici, c'est une ancienne terre agricole. On y trouve une faune et une flore unique à Bruxelles. Ce n'est vraiment pas un lieu à détruire pour construire une prison."

Pour protéger cette terre, une véritable vie en communauté s'est organisée. A côté des tentes pour dormir, on trouve une cuisine, un salon, une salle de bain. A l'extérieur, les militants ont mis sur pied un potager. Chacun y va de sa contribution.

Occupation illégale

Mais cette occupation est jugée illégale. Car le terrain appartient à la Régie des bâtiments, et donc à l’État. Dans trois ou quatre ans, près de 1200 détenus logeront sur le site, dans un tout nouveau bâtiment. Les opposants ont reçu l'ordre d'évacuer, sous peine d'être expulsés.

"On sait que l'huissière va débarquer, nous confie Gaël. On ne sait juste pas quand ! Demain, ou peut-être après-demain. Mais ils vont venir, et casser notre maison."

Dernières heures dans le campement

La première phase des travaux débute ce mardi. Les militants le savent, ils vivent probablement leurs dernières heures dans le campement.

"Notre mission, c'est d'occuper la zone, précise Rudy Bertrand. Mais nous sommes un mouvement pacifiste. Si demain, l’État nous dit que la prison va se construire ici, qu'il n'y a plus rien à faire, on pliera bagage et on partira. Mais tant que toutes les cartouches n'ont pas été usées, on va rester."

Les opposants ont introduit un dernier recours contre l'ordre d'évacuation. Ils savent qu'en restant, ils risquent des astreintes pouvant aller jusqu'à 2500 euros. Le bras de fer continue. Mais le campement risque bien de devoir céder sa place à la prison.

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