Prise de température à Brussels Airport : pas de base légale, insiste l'Autorité de la protection des données

L'Autorité de la protection des données (APD) a interpellé Brussels Airport concernant la prise de température des personnes voulant accéder aux bâtiments. Selon elle, il n'existe à l'heure actuelle pas de base légale permettant ces mesures, au moyen de technologies numériques avancées.

Brussels Airport a installé depuis quelques jours des scanners de température permettant de filtrer des personnes ayant plus de 38°C de température pour ensuite les contrôler une seconde fois et leur soumettre un questionnaire sur de possibles symptômes liés au coronavirus.

Une personne aurait déjà été écartée de l'aéroport.

Changer la loi

L'APD s'interroge dès lors "quant à cette pratique", estimant qu'il s'agit d'un "traitement" portant sur une donnée à caractère personnel, "relative à la santé qui plus est", souligne l'Autorité, ce qui est en principe interdit par le Règlement général sur la Protection des Données, sauf exceptions. "Selon l'APD, il ne semble actuellement pas exister d'exception, comme par exemple une disposition législative de droit belge, qui permette un tel traitement, celui-ci ne repose donc a priori sur aucune base légale valable", note-t-elle encore.


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"Si les autorités estiment que de tels systèmes doivent pouvoir être mis en place au vu de la nature exceptionnelle de la crise, et aussi longtemps que la crise dure, nous les invitons à adopter une législation qui autoriserait ce genre de traitements de données. Cela pourrait se faire assez rapidement", a indiqué David Stevens, Président de l'Autorité de protection des données.

La lettre de l'Autorité transmise à l'aéroport n'est qu'une première étape informelle afin de bien comprendre la technologie utilisée par l'aéroport. Une deuxième étape formelle pourrait suivre ainsi qu'une sanction dans une troisième phase.

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