Prévention des abus sexuels: parler de sexualité "c'est très bien", insiste l'évêque de Liège

Clôturant il y a quelques jours un sommet destiné à responsabiliser les évêques de la planète, le pape a promis "une lutte à tous les niveaux" contre les abus sexuels sur des mineurs. Les associations de victimes se sont déclarées déçues par les conclusions de ce sommet, au cours duquel aucune mesure concrète n'a été prise. Interrogé sur La Première, l'évêque de Liège Jean-Pierre Delville "comprend" cette déception. "Ce n'est pas un seul sommet qui va résoudre autant de problèmes".

Néanmoins "on a mis sur la table les solutions qu'on préconise et le pape va décider après coup les différents éléments qu'il choisira dans les suggestions qui ont été faites. C'est un processus évolutif. Il va y avoir des guidelines, pour chaque conférence épiscopale de chaque pays du monde, pour les procédures précises à suivre dans tous les cas qui peuvent se présenter. Il faut faire de la répression mais il s'agit aussi de faire de la prévention. C'est un travail de longue durée", insiste-t-il. "C'est un travail qui aide à une maîtrise de la sexualité parce qu'il faut reconnaître que chaque personne est sexuée quel que soit son état de vie: célibataire, marié, divorcé. Chacun doit, à un moment donné, gérer sa sexualité. C'est très important qu'il y ait des formations et qu'il y ait un passage à la parole". Parler de la sexualité, "c'est très bien. On sent un peu l'iceberg qui se démantèle" selon lui.

Célibat des prêtres

"Je pense que le pape a beaucoup écouté les victimes. Maintenant il est très important d'avoir une compréhension fondamentale pour les victimes et une nouvelle vision pour l'avenir" poursuit Jean-Pierre Delville.

Comme évêque, Jean-Pierre Delville "essaye d'être le plus ouvert possible" quand il a connaissance de cas d'abus sexuel. "J'ai des victimes dans ma propre famille donc je connais le problème. Il est absolument fondamental d'être en empathie, en écoute et en sincérité. Il faut aider les victimes à être reconnues."

L'évêque de Liège pense qu'il "y a vraiment des choses à réformer dans l'Eglise. Il faut faire beaucoup plus de place aux femmes dans l'organisation de l'Eglise. Il pourrait y avoir plus de dispenses pour le célibat, de façon que ce soit beaucoup plus libre comme démarche. Mais il ne faut pas non plus se faire une illusion: la situation du mariage n'est pas toujours facile à vivre."

"Je suis pour l'ordination de diaconesses parce que cela a existé dans nos régions jusque l'an 1000, et cela permettrait à des femmes d'exercer des positions de responsabilité dans l'Eglise à tous les niveaux" dit encore Jean-Pierre Delville.

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