Première mondiale : le tibia d'un enfant guéri grâce à une greffe osseuse 3D

Illustration 3D d'un tibia
Illustration 3D d'un tibia - © yodiyim - Getty Images/iStockphoto

Les chirurgiens des cliniques universitaires Saint-Luc ont réparé l'os du tibia d'un enfant de 5 ans grâce à l'implant d'un greffon osseux de 18 cm³, annonce jeudi l'UCLouvain. Il s'agit d'une première mondiale dans le domaine de la chirurgie orthopédique.

L'enfant était atteint de pseudarthrose congénitale du tibia, une maladie rare et invalidante. Il était né avec une fracture de la jambe. Son os, malade , n’avait pas la capacité de guérir comme un os normal. Il n’était plus capable de marcher si ce n’est difficilement avec une attelle.  La plupart du temps, cela finit par une amputation et la mise d’une prothèse.

Lorsque l'enfant avait cinq ans, les chirurgiens des cliniques Saint-Luc ont utilisé une technique innovante mise au point par la spin-off de l'UCLouvain Novadip Biosciences pour greffer au jeune patient un implant tissulaire en 3D de plus de 18 cm³. Deux ans plus tard, l'os du tibia est recomposé et consolidé. Le jeune patient est capable de marcher er d'aller à l'école.

Une plasticine réalisée à partir du tissu adipeux de l'enfant

 

Au départ de ce petit miracle, nous explique le Pierre-Louis Docquier, le chirurgien orthopédique aux cliniques universitaires Saint-Luc, "il y a une petite quantité de graisse prélevée à  l’enfant par liposuccion. De cette petite quantité de graisse, on prélève des cellules souches qui  vont donner une grosse quantité d’os. C’est une greffe malléable qui a une allure de plasticine. L'os va consolider et durcir par la suite. L'avantage majeur : il n’y a pas de greffe d’os prélevé sur l’enfant et, par ailleurs, il n’y a pas de rejet de la greffe puisqu’il s’agit d’une greffe à partir de cellules souches de l’enfant.

 

Cette "thérapie cellulaire tridimensionnelle" donne des résultats très prometteurs pour le traitement des troubles orthopédiques pédiatriques rares, se réjouit l'université.

"C'est un réel espoir pour les 300 enfants qui naissent en Belgique avec cette pseudoarthrose congénitale, se réjouit D enis Dufrasne, créateur de la spin off UCLouvain Novadip. Il va plus loin encore: "Aujourd’hui, nous sommes les seuls au monde à travailler sur des volumes de greffe vivante aussi importants. Ici, il s’agit d’un produit actif et vivant que nous implantons  et qui va pouvoir restituer une continuité osseuse.Nous recréons une plasticine osseuse. Elle a un aspect blanchâtre, nâcrée, un peu comme du corail qui va avoir la consistance de la plasticine et qui pourra être réimplantée directement chez l’enfant. " 

 

Novadip a pour objectif de trouver de nouvelles solutions pour la reconstruction des tissus osseux chez des patients pour lesquels il n'existe pas de traitement. Les scientifiques misent sur la guérison des tissus endommagés en rétablissant leur physiologie naturelle.

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