Première mondiale : diabète et obésité en voie de guérison grâce à des chercheurs belges

La bactérie Akkermansia muciniphila
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La bactérie Akkermansia muciniphila - © UCL

On compte aujourd’hui plus de 500 000 diabétiques dans notre pays. En 2025, un Belge sur dix sera atteint de la maladie, une personne sur trois sera en surpoids et 15% de la population seront obèses. Ces chiffres pourraient être revus à la baisse grâce à la découverte en première mondiale du professeur Patrice Cani.  Il a constaté que le diabète de type 2 et l’obésité peuvent être stoppés et même guéris chez les souris grâce à une bactérie nommée Akkermansia muciniphila.

Depuis vingt ans, Patrice Cani et son équipe de l’UCL traquent les milliards de bactéries qui vivent dans nos intestins.  En 2007, en modifiant l’alimentation de souris, ils constatent que la fameuse bactérie, peu connue à l’époque, est cent fois plus présente dans l’intestin des souris minces que dans celui des souris obèses.  La bactérie est alors administrée chez les souris en surpoids provoquant un amincissement évident.

Aujourd’hui cette avancée majeure vient d’être confirmée par d’autres chercheurs internationaux et publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature Medicine. Depuis décembre 2015, des tests cliniques sur l’homme sont menés au sein des Cliniques universitaires Saint Luc réussissant la première étape avec succès :  ils se révèlent "non dangereux" pour le corps humain.  "L'avenir nous dira si les effets positifs réalisés sur la souris se confirment chez l’homme", précise le professeur Cani.  Si tel est le cas, la fabrication d’un médicament permettra non seulement de lutter contre le diabète de type 2 et l’obésité, mais aussi contre les maladies cardiovasculaires ou l’inflammation intestinale.

Les effets de la bactérie dans l’intestin

Pour le professeur Cani, "Akkermansia muciniphila joue une rôle de gardien de la barrière intestinale.  Elle permet de limiter l’interaction entre nos cellules intestinales et d’autres bactéries.  Elle maintient l’ordre au niveau de la barrière.  Si Akkermansia n’est plus présente, on pense que d’autres bactéries peuvent s’approcher  plus facilement et entrainer une inflammation qui augmente la porosité et la perméabilité de l’intestin augmentant les risques de différents types de maladies ".

La pasteurisation pour une plus grande efficacité

Patrice Cani et son équipe ont également découvert que pasteuriser la bactérie Akkermansia muciniphila la rend encore plus efficace. La rendre inactive sans pour autant la détruire, préserve  toutes ses propriétés. La pasteurisation permet ainsi une meilleure conservation de la bactérie, une meilleure administration chez l’homme et révèle une double efficacité : la lutte et la prévention.

 

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