Première mesure pour les policiers suite au décès de Jozef Chovanec : des directives en cas de "syndrome de délire agité"

Première mesure pour les policiers suite au décès de Jozef Chovanec : des directives en cas de " syndrome de délire agité "
Première mesure pour les policiers suite au décès de Jozef Chovanec : des directives en cas de " syndrome de délire agité " - © JOHN THYS - BELGA

Jozef Chovanec, Slovaque décédé en février 2018 à l’aéroport de Charleroi après avoir été maîtrisé en cellule par la police, aurait été atteint du "syndrome de délire agité", "excited delirium syndrome (EDS)" en anglais. Cette possibilité a été présentée comme "vraisemblable" par le ministre de l’Intérieur, Pieter de Crem, devant les commissions de l’Intérieur et de la Justice de la Chambre quelques jours après la divulgation des images de l’intervention.

A l’époque, plusieurs députés avaient fait remarquer que les policiers n’étaient pas formés à réagir devant une telle situation. Des syndicats de police exigeaient une solution urgente pour les policiers confrontés à une personne touchée par le syndrome, un cadre d’intervention faisant défaut malgré des demandes répétées ces dernières années. Depuis ce 21 septembre, c’est chose faite. Un premier pas en tout cas…

Le fait qu’une personne se montre agressive laisse souvent penser qu’il s’agit d’un criminel mais il peut s’agir d’EDS

Les policiers de première ligne, fédéraux et locaux, viennent de recevoir une "fiche de prévention excited delirium syndrome" dont le RTBF a pu prendre connaissance. La note décrit d’abord les caractéristiques permettant de reconnaître le syndrome : insensibilité à la douleur, extrême confusion, absence de réponse aux indications de la police, forte transpiration et déploiement d’une force surhumaine. "Le fait qu’une personne se montre extrêmement agressive ou donne l’impression d’avoir consommé des stupéfiants laisse souvent penser qu’il s’agit d’un criminel mais il peut s’agir d’EDS", prévient la fiche rédigée par le Comité pour la prévention et la protection au travail de la police.

En cas de suspicion d’EDS, les directives sont les suivantes : immédiatement contacter les services de secours et avertir l’officier de police administrative. Une liste de bonnes pratiques a aussi été établie : "contrôler la personne à plusieurs, sans frappe, ni point de pression". Ou encore "évitez d’enfermer la personne dans une cellule et faites-la transférer en ambulance. Évitez la position ventrale et demandez à une collègue de contrôler la respiration".

Des recommandations en attendant une formation

Les images de l’intervention visant à maîtriser Jozef Chovanec montrent que les policiers n’ont pas suivi une partie des "bonnes pratiques" reprise aujourd’hui dans la fiche de prévention, faute de connaissances, de formation ou de diagnostic correctement posé avant l’arrivée de l’équipe médicale et en présence de celle-ci. L’enquête judiciaire doit encore déterminer les circonstances exactes et les causes du décès.

La fiche de prévention datée de ce lundi est une étape intermédiaire indique la hiérarchie de la police, en attendant la finalisation d’une formation et d’un manuel concernant l’approche des personnes présentant des symptômes de délire et les interventions dans des lieux confinés.

Journal télévisé 01/09/2020

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