Première belge: des molécules anti-cancer issues de nos arbres

Joseph Gottal est ardennais et très attaché à la nature. Les arbres, le bois, c'est une passion qui l'a mené aux quatre coins du monde. Pourtant, une idée lui trotte dans la tête depuis longtemps: "Depuis 1982, je pensais comment valoriser autrement le matériel forestier que sous forme de parquet, de charpente..."

La moitié des molécules utilisées pour soigner le cancer proviennent de plantes et essentiellement d'arbres. Ainsi, les traitements du cancer proviennent directement de la nature. Mais jusqu'ici, ce sont surtout des essences exotiques qui faisaient l'objet de toutes les attentions. Pourtant, "Les arbres wallons ne sont pas plus bêtes que les arbres des autres régions", prétend Joseph Gottal.

L'idée lumineuse, c'était de vérifier le potentiel en la matière de notre propre patrimoine naturel, et de le mettre en valeur. Une équipe de recherche de l'ULB, sous la direction du professeur Robert Kiss, directeur de recherche au FNRS et spécialiste en recherche moléculaire, s'est attelée à la tâche pendant deux ans avec une subvention de la Région wallonne. Un travail couronné de succès puisque les chercheurs sont parvenus à extraire des molécules anti-cancer au départ du charme, du chêne et du robinier-faux acacia de nos contrées.

"Le charme, qui n'a jamais été étudié, contient des propriétés stupéfiantes", explique Robert Kiss. Les propriétés anti-cancéreuses sont avérées: les essences tirées du charme réalisent des prouesses pour tuer les cellules cancéreuses, mais il y aura encore de nombreuses étapes à franchir avant d'en faire un succès commercial. Des brevets ont d'ores et déjà été déposés, mais "si nous ne sommes pas en essais cliniques d'ici 6 ans, alors nous aurons échoué..."

Thomas Nagant avec Nathalie Massart

 

 

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